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Archive for mars 2008

Je vous ai déjà mis en ligne un livre que j’apprécie particulièrement : L’Art De La Guerre, de Sun Tzu.

C’est pour moi un traité de stratégie passionnant, dans le sens où il enseigne une certaine sagesse, dans la compréhension des phénomènes, leur acceptation et leur utilisation judicieuse. Tout le monde n’a pas le courage ni l’envie de lire Sun Tzu (on voit écrit certaines fois Sun Zi). Pourtant il est utilisé depuis longtemps comme inspiration dans les stratégies de l’approche du conflit, du monde des affaires ou de la vie quotidienne.

Je vous donne donc des extraits que je trouve intéressants, avec quelques explications si nécessaire. A vous de replacer ces citations dans le cadre de votre contexte, et de vos propres stratégies. Pour ceux qui veulent approfondir ces notions, je vous conseille vivement de lire François Jullien (« Traité de l’efficacité », Le livre de poche et « La propension des choses », Seuil).

  1. « Le général représente la sagesse, la sincérité, le courage et la rigueur. »: Ces qualités du général sont nécessaires à la victoire stratégique. L’autre condition nécessaire est l’appui sur le potentiel de situation (voir plus loin). En réalité, ces qualités permettent le bon déroulement du potentiel de situation.

  2. « Quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement. Quand vous êtes loin, feignez la proximité. »: Envers un ennemi, il faut savoir se rendre indiscernable dans ses hauts projets, invisible dans ses actions, et capable de leurrer.

  3. « Pour le bon stratège, l’essentiel est dans la victoire, non pas dans les opérations prolongées. »: La victoires s’obtient surtout grâce à une stratégie globale et une vision large. Agir sans discernement par amour du conflit vous éloigne de votre intérêt, à long terme.

  4. « Remporter cent victoires après cent batailles n’est pas le plus habile. Le plus habile consiste à vaincre sans combat. »: Un bon stratège est un conquérant qui ne détruit pas, il laisse l’adversaire intact en le transformant légèrement.

  5. « Qui connaît l’autre et se connaît lui-même, peut livrer cent batailles sans jamais être en péril. Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite. Qui ne connaît ni l’autre ni lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles. »: Le stratège connaît l’environnement, l’autre ainsi que lui-même. La connaissance et son utilisation mène à une victoire quasi assurée.

  6. « Jadis, les guerriers habiles commençaient par se rendre invincibles, puis attendaient le moment où l’ennemi serait vulnérable. L’invincibilité réside en soi-même. La vulnérabilité réside en l’ennemi. »: Quelqu’un d’habile se rendra invincible et attendra que ses obstacles soient vulnérables. Ainsi son habileté consistera à reconnaître ce moment et à avoir beaucoup de timing.

  7. « Une armée victorieuse l’est avant même de livrer bataille. Une armée vaincue se lance d’abord dans la bataille et ensuite recherche la victoire. »: C’est le principe phare de la stratégie, elle se prépare, s’évalue. Le concept éclairé ici est celui de potentiel de situation, appellé che (ou shi), en Chine. On attaque quand on peut vaincre, on s’appuie toujours sur le che, sinon on attend ou on incline le potentiel de situation à son avantage.

  8. « Celui qui pousse l’ennemi à se déplacer, en lui faisant miroiter une opportunité s’assure la supériorité. »: Il faut restreindre la liberté d’action de l’ennemi pour l’amener là où vous voulez qu’il aille.

  9. « Ainsi, le bon stratège contraint l’ennemi et ne se laisse pas contraindre par lui. »

  10. « Pour parcourir mille lis en toute quiétude, traversez des régions inhabitées. »: Les domaines (comme des secteurs de marché, des clients, des domaines de compétences etc.) non contrôlés ou non maîtrisés par vos opposants sont ceux dans lesquels vous serez le plus libre de vos actions.

  11. « Le bon stratège est si subtil qu’il n’a plus de forme visible. Le bon stratège est si discret qu’il en est inaudible. Ainsi il se rend maître du destin de l’ennemi. »: Il faut être insaisissable et retenir le plus d’informations, ou en donner des inexploitables.

  12. « Pour avancer irrésistiblement, attaquez les points faibles de l’ennemi. Pour battre en retraite sans être rattrapé, soyez plus rapide que votre ennemi. »: Attaquez les points non gardés ou de moindre résistance de votre opposant. De même, lors d’une retraite (qui doit toujours être stratégique) mettez-vous hors de portée de votre opposant, dans des lieux ou des domaines qu’il ne contrôle pas, qu’il ne connaît pas.

  13. « Ainsi, le bon stratège manipule l’ennemi tout en cachant ses propres intentions. »

  14. « Ne répétez pas les mêmes tactiques victorieuses, mais adaptez-vous aux circonstances chaque fois particulières. »: C’est la logique de la stratégie systémique, toujours adapter ses stratégies et ses tactiques grâce à la connaissance des circonstances d’une situation. Faire autrement serait nier la complexité des processus.

  15. « Celui qui est capable de remporter la victoire en s’adaptant à la situation de l’ennemi est qualifié de génie. »: La victoire provient de l’adaptation aux circonstances, aux différents aspects qui se présentent (che). Tout événement est pour le stratège une excellente occasion de l’utiliser à son avantage.

  16. « Le général court cinq dangers: Téméraire, il risque d’être tué. Lâche, il risque d’être capturé. Coléreux, il risque de se laisser emporter. Chatouilleux sur l’honneur, il risque d’être humilié. Compatissant, il risque d’être tourmenté. »: Les qualités poussées à l’extrême, ainsi que les défauts du stratège, causeront sa perte. Si il applique toujours les mêmes règles sans penser aux circonstances particulières des évènements, il sera pris en défaut tôt ou tard.

  17. « Ainsi, une règle essentielle de la stratégie consiste à: Se préparer à déjouer une attaque, au lieu d’espérer qu’elle ne se produise pas. »: Le bon stratège se prépare à tout, même au pire, pour pouvoir réagir si besoin est. Espérer qu’un malheur n’arrive pas, même si ce malheur est faiblement probable, c’est jouer, et non pas être stratège.

  18. « Si le général est généreux, mais incapable de diriger, bienveillant, mais incapable de rétablir l’ordre, ses soldats, tels des enfants gâtés, seront inutiles. »: Un bon leader doit être à la fois souple et rigoureux, quand il le faut. Gentillesse ou compassion ne suffisent pas, et doivent être associées à une discipline de son esprit, de ses émotions, et de ses actions. Cette discipline doit se transmettre à tous ceux qui approchent le leader (le général).

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Cet article est né d’une invitation.

Faysal, auteur du blog Du rêve Au Concret, m’a demandé d’écrire pour ses lecteurs un article sur la stratégie systémique. Je tiens à le remercier ici pour l’intérêt qu’il porte à mon travail, et je vous recommande également de lire ses articles très instructifs.

J’ai alors écrit un petit article de présentation de la stratégie systémique, sous forme de dialogue, avec deux exemples simples pour rester compréhensible.

Bonne lecture !

Personnes curieuse : – Si quelqu’un veut réussir dans un domaine particulier, pourquoi utiliserait-il ce que tu appelles la « stratégie systémique » ?

Alexandre : – En une phrase, je dirais que la stratégie systémique, c’est une manière de construire une stratégie dans n’importe quel domaine, en utilisant un outil de raisonnement appelé systémique.

Personne curieuse : – La stratégie je sais ce que c’est : en gros c’est l’art d’atteindre ses objectifs en prenant en compte tous les éléments d’une situation. Mais la systémique, je n’en ai jamais entendu parler, c’est quoi son utilité ?

Alexandre : – La systémique permet de penser et de saisir la complexité. Attention, complexe ne veut pas forcément dire compliqué. La complexité signifie que plusieurs processus sont en interactions (qui forment un « complexe »), et qu’il faut prendre en compte cet ensemble pour l’utiliser à son avantage.

Je vais donner cet exemple anecdotique dans la vie privée :

Exemple 1 :

Une personne a une particularité assez gênante : elle ne supporte pas que ses amis ne l’appellent pas pendant plus d’une semaine.

Elle se sent en quelque sorte trahie, abandonnée par ses plus proches amis. Alors, quand un de ses amis la rappelle après plus d’une semaine d’attente, elle décroche et lui parle de manière froide et distante. L’ami au bout du fil lui demande alors parfois ce qui lui arrive, et elle répond qu’elle ne trouve pas normal que quelqu’un qui se dit son « ami » ne l’appelle pas plus souvent pour prendre de ses nouvelles.

Alors, peu à peu, plus personne ne la contacte…

Utilisons notre réflexion, systémique, dans cet exemple de base.

Il faut voir ici les processus importants :

1/ la personne désire qu’on l’appelle plus souvent ;

2/ ses amis ne vont appeler que si ça leur fait plaisir, à eux.

Voici donc ce que notre personne doit comprendre :

En critiquant l’ami qui appelle, celui-ci va se sentit mal à l’aise, et aura encore moins envie d’appeler la prochaine fois. Tandis qu’en décrochant de manière souriante et aimante, l’ami va se sentir valorisé et heureux de discuter, ce qui va lui donner envie de rappeler de plus en plus souvent (renforcement positif du comportement).

Notre personne doit donc passer outre sa frustration du moment, pour un bénéfice à long terme. Elle doit imaginer les conséquences positives de sa nouvelle attitude sur sa vie, dans son ensemble.

Ici, non seulement ses amis appelleront plus souvent, mais en plus peu à peu elle se sentira moins gênée par les moments de silence de la part de ses amis (renforcement positif de son nouveau comportement).

Il faut donc penser à plus long terme et en prenant en compte les désirs des amis concernés. Il est utile de penser de manière plus complexe, pour obtenir ce que l’on désire de manière plus simple et plus durable.

Personne curieuse : – Je commence à saisir un peu. C’est une manière de voir les « articulations » des processus mis en jeu, comme une construction de « meccanos », et de les utiliser avec un bénéfice maximum pour la personne.

Alexandre : – C’est exactement cela, c’est un bénéfice maximum pour un investissement minimum, en utilisant toute la force et l’énergie des processus existants.

Je vais te donner un autre exemple, plus impliquant pour la personne et dans la vie professionnelle cette fois-ci :

Exemple 2 :

Un homme désire évoluer au sein de son entreprise. Sa femme et ses amis lui reprochent de ne pas avoir assez d’ambition et de ne pas se donner suffisamment à fond pour avoir de l’avancement.

« S’ils savaient ce que c’est aussi, ce n’est pas aussi simple que ça. Il faut faire son travail correctement et le patron voudrait des idées originales dans le management de la boîte. Je ne peux pas faire mon travail correctement et penser à tout. En plus, je ne pense pas qu’à ça toute la journée, j’avoue que la motivation n’est pas là à chaque fois… »

Utilisons à nouveau notre réflexion dans ce contexte professionnel.

Après une étude de son objectif et des processus mis en jeu, voici ce qui est conseillé à notre homme :

« Vous allez prévenir tout le monde, votre femme et vos collègues de travail. Les jours où vous désirez afficher votre ambition et vous investir pour votre entreprise, vous porterez une chemise rouge vif. »

Le stratège systémicien sait qu’il faut un moyen d’affichage extérieur de l’ambition de notre homme. Pourquoi ?

Parce que de cette façon, si l’homme ne porte pas sa chemise rouge un jour, tout le monde va lui demander si il a abandonné son objectif : réussir. Ce qui le mettra face à ses responsabilités et rappellera chaque jour son engagement. En mettant sa chemise rouge le matin, il se dit : « Voilà, aujourd’hui je pars travailler pour réussir et grimper les échelons ».

La stratégie est d’utiliser la force de l’engagement, face à des collègues, et l’affichage social, pour la motivation de l’homme.

Une méthode utilisée couramment en coaching, beaucoup moins efficace, est d’effectuer une remotivation régulière de la personne avec de simples paroles du type : « Vous désirez réussir dans votre vie professionnelle ? Alors faites tout ce qu’il faut pour, ne tombez pas dans la routine, bougez-vous et vous y arriverez… ». Pourtant ce n’est pas si simple. Les paroles s’envolent et ne laissent pas la trace voulue dans l’esprit d’un individu.

Lui demander d’afficher socialement son objectif avec la chemise rouge va au contraire créer et entretenir sa motivation et son ambition. Il devient responsable de l’atteinte de son objectif et de son engagement.

Personne curieuse : – Hmm, d’accord. Je pense comprendre réellement le principe de ces stratégies. En fait tu utilises l’ensemble d’un environnement pour en tirer un maximum d’avantages, avec un minimum d’efforts inutiles. Et tout ça à long terme en fin de compte.

Ces exemples étaient simples en apparence mais tu considères toujours qu’une situation possède des solutions élégantes lorsque l’on se sert de tout ce qui est en rapport, même de façon éloignée.

Alexandre : – Exactement. Penser sur le long terme et de façon indirecte, avoir une vision globale et non trop centrée sur un problème, c’est la clé de la réussite.

La complexité nous fait peur, et pourtant, dans cette complexité est cachée la maîtrise.

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Voici pour vous la liste des blogs de développement personnel francophones, que vous pouvez consulter à tout moment à l’adresse suivante:

developpementpersonnel.org

 

Cette liste à été construite sur l’initiative et le travail d’Argancel, du blog C’éclair! L’efficacité au quotidien.

Un très grand merci pour cet investissement et pour le sérieux de cette réalisation. Argancel a créé un site qui est spécialement dédié à cette liste, et a également pris le soin de classer tous ces blogs par catégories (affirmation personnelle, coaching, productivité, psychologie, réussite professionnelle…).

 

N’hésitez pas à consulter cette liste, car beaucoup de ces auteurs pourront vous apporter des idées et des méthodes très utiles, dans votre vie privée comme professionnelle. Et comme maintenant vous savez de plus en plus intégrer des méthodes pour les adapter à votre propre contexte, cela vous sera encore plus profitable!

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Je vous donne un lien très intéressant qui vous mènera sur un ebook gratuit de 210 pages: un ensemble d’articles sur la création et la bonne marche de sa petite affaire, écrit sur le site ConseilsMarketing.fr de Frederic Canevet.

Etant moi même entrepreneur, je trouve cette initiative très intéressante. Et peut être que cela vous donnera quelques bonnes idées pour construire votre avenir, qui sait?

Cliquez ici pour être dirigé vers « Le Kit de Survie du Créateur d’entreprise »

Vous trouverez au sommaire:

  1. Préparer son projet de création d’entreprise
  2. Annoncer la création de son entreprise et trouver ses premiers clients
  3. Prospecter et trouver ses premiers clients
  4. Utiliser internet pour faire connaître son entreprise
  5. Apprendre à vendre
  6. Lancer un Blog d’entreprise
  7. Développer son activité grâce aux réseaux sociaux
  8. Optimiser son temps pour être plus efficace
  9. Divers

Merci à Frederic pour ce travail exemplaire!

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Voici un cours sur le raisonnement scientifique et sur la gestion de la pensée systémique. Nous pouvons intégrer une vérité importante grâce à des notions simples et universelles. Avec une utilité indéniable pour chacun d’ailleurs: si nous voulons que notre vie change, il faut changer les choses, ou bien attendre et espérer qu’elles changent par elles mêmes. Dans le premier cas nous agissons pour atteindre un but, dans le deuxième cas nous ne pouvons que suivre le courant et espérer arriver quelque part… Réellement maîtriser sa vie, agir avec discernement: une sagesse qui n’admet aucune paresse de notre part.


Le lien de cause à effet, c’est la base même de la connaissance et de la réussite humaine. C’est la base absolue du raisonnement scientifique et de la pensée systémique, ou pensée complexe.

Voici les notions qui seront toujours vraies, quelle que soit la situation étudiée:

  • Une même cause produit toujours le même effet: « A produit X »

  • Par contre, un même effet peut être produit par des causes différentes: « A produit X » ou « B produit X »

  • Une cause peut donner plusieurs effets, qui sont toujours les mêmes: « A produit X+Y+Z »

  • Un effet peut être produit par plusieurs causes, qui sont toujours les mêmes: « A+B+C produit X »

Ceci implique les idées suivantes:

  1. Si vous faites toujours la mêmes chose dans le même contexte, vous obtiendrez toujours le même résultat.

  2. Vous pouvez obtenir un résultat précis de plusieurs manières différentes.

Agir sur les causes pour changer les effets est la seule façon d’effectuer une stratégie. Mais elle demande un esprit curieux car il faut: d’abord identifier les causes ; ensuite connaître les causes sur lesquelles il est impossible d’agir ; enfin agir sur les causes qui sont les plus accessibles à la manipulation.

En étudiant ce cours sur la stratégie systémique, je me suis souvenu d’une citation qui m’avais marqué par sa pertinence, car elle met bien relief le rôle de l’esprit humain dans la maîtrise de son environnement:

« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. » (Marc-Aurèle)

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