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Archive for août 2008

Si…

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Un des plus beaux textes que je connaisse, par Rudyard KIPLING

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Mon premier cours de systémique. On m’a bien signifié l’importance de cette partie de ma formation. J’essaye de me concentrer au maximum.

Après sa présentation, mon professeur commença à parler :

« La systémique, c’est l’étude des systèmes. Ce mot, systémique, résonnera dans votre esprit toute votre vie durant. La systémique enseignée ici est une science, car elle est une manière de raisonner. Elle permet ainsi d’agir de manière efficace et sûre.

A présent, commençons par ses règles de bases.

  1. La systémique est une représentation du monde, ou une modélisation diront certains. Elle utilise l’approche scientifique. Elle est rigoureuse. Elle pose des hypothèses, elle teste, elle mesure, elle interprète, elle conclue.
  2. La systémique utilise toujours le concept de processus. Un processus est un évènement définit spatio-temporellement. Le but est de représenter les fonctionnements d’une manière absolument dynamique.
  3. Les processus sont de trois sortes : « C » pour changement, « E » pour espace, « T » pour temps. Un processus T ne change pas d’espace relativement aux autres processus pris en compte, il ne se déplace que dans le temps. Un processus E change d’espace relativement aux autres. Les processus C enfin effectue une transformation, c’est-à-dire que les processus internes, ou « sous-processus », vont changer les uns par rapport aux autres.
  4. La systémique compare les processus entre eux. Cela signifie que si un phénomène ressemble à un autre dans ses causes et ses effets, c’est que les processus sont similaires. Il y a des degrés de similarité, en fonction des éléments communs et différents qui composent les processus.
  5. Les processus qui composent le système sont des boîtes noires. On ne sait jamais exactement ce qui se passe à l’intérieur, car parfois est inutile de chercher à l’intérieur. Car l’énergie dépensée à analyser l’intérieur d’une boîte noire peut être supérieure à l’énergie gagnée par l’apport de cette analyse.

Voilà les 5 premiers points.

Maintenant je vous laisse quelques minutes pour réfléchir aux implications de ces points. Allez-y. »

Il a été un peu vite je trouve. Je profite de ces minutes accordées pour me concentrer sur mes notes et raisonner.

– Le premier point tout d’abord. La représentation et l’approche scientifique, ça me paraît parfaitement logique. Si dans cette école ils construisent des stratégies, je suppose que toutes leurs stratégies s’appuient sur une représentation du monde. Et plus cette représentation s’appuie sur des connaissances solides, plus elle sera utile.

– Bon d’accord, maintenant le deuxième point. Un processus, des causes et des conséquences, des entrées et des sorties, ça me rappelle quelque chose. Et tout ce qui est défini scientifiquement est défini dans l’espace et le temps. Les quatre dimensions, trois spatiales et une temporelle, ça me paraît logique également.

– Les processus en question sont identifiés en trois catégories. Certainement pour pouvoir leur accorder un rôle dans le système global. Des processus constants, avec du temps et de l’espace. Des stocks et du déplacement je suppose. Et un troisième processus de changement, ou de transformation.

– Il a dit de comparer les processus entre eux, de voir les similarités et les différences. Hum, les similarités…on m’a dit que c’était ce qui donnait à la systémique sa grande souplesse, car elle peut transposer des connaissances d’un domaine à un autre, une pluridisciplinarité en fait. Ensuite elle identifie les différences. C’est également important pour ne pas appliquer ces connaissances sans les modifier pour les besoins d’un système spécifique.

– Enfin, cette histoire de boîte noire. Cela vient des sciences cybernétiques peut être. On ne doit pas extrapoler ce qu’il y a dans un processus. Un médecin doit guérir un patient. Selon les circonstances, il doit regarder ou non plus en détail. Plus de détails nécessite plus d’énergie pour identifier ces détails, donc il y a moins d’énergie pour identifier les processus extérieur. Mais je n’ai pas eu le temps de finir ce raisonnement…

« Alors, j’aimerais que l’on parle en précisément de ces premiers concepts, reprit le professeur. Je sais que ce n’est pas évident, mais vous êtes ici pour vous instruire, réfléchir, intégrer de nouvelles données et transformer votre esprit. Rappelez-vous, vous irez loin uniquement si vous n’abandonnez pas devant les difficultés. »

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C’était un homme impressionnant. John, c’est ainsi qu’il se nommait, était en train de nous enseigner un point capital. Ou, je dirais plutôt, ce qui était d’après lui LE point capital de la réussite auprès des hommes : le leadership.

Nous étions en petit comité : 9. Pas un de plus accepté. Pourquoi ce tri ? En fait je ne me suis pas posé la question très longtemps : je m’en moquais à cet instant, j’étais content et fier d’être là. Et dès ses premières paroles ses ambitions pour nous étaient parfaitement claires : il voulait élever notre influence, créer des leaders digne de ce nom. Rien que ça !

« Un leader sait mener et diriger. Savez-vous réellement mener et diriger, nous demanda-t-il ? Un leader sait où il va et où il mène les autres. Savez vous où vous allez vous-même ? Peu de gens savent réellement le faire. Certains ont le goût du pouvoir, uniquement, alors ils dirigent et mènent les autres. Mais vers où ? D’autres savent ce qu’il faut atteindre comme but, comme finalité. Mais ils sont incapables de mener les hommes vers ce but. Ils sont seuls et ne font que se promener. Alors, quelles sont les qualités d’un leader ? Notez bien les quelques attitudes que je vais citer, elles sont révélatrices :

  • Un leader initie. Un suiveur réagit.
  • Un leader dirige, établit des contacts. Un suiveur écoute et attend qu’on le contacte.
  • Un leader élabore des stratégies, et anticipe. Un suiveur passe son temps à vivre au jour le jour en réagissant aux problèmes.
  • Un leader investit du temps avec les autres. Un suiveur passe du temps avec les autres.
  • Un leader gère son temps suivant les priorités. Un suiveur gère son temps suivant les demandes. »

Je me mis à rêvasser quelques instants. En fait, ce dernier point me dit quelque chose. Ah oui. Un auteur assez hors norme, Tim Ferriss, qui a écrit « La semaine de quatre heures ». L’auteur, lassé de devoir effectuer des tonnes tâches inutiles et contre-productives, a décidé de faire un tri draconien dans ce qu’il effectuerai. Il a démultiplié son efficacité, et surtout sa santé mentale ! Décidément cet auteur me fait beaucoup penser à Ernie Zelinski, qui a décrit l’art du créatif efficace et…paresseux. Inhabituel, intrigant, et instructif. Quelles sont les priorités ? Qu’est ce qui est important ? Qu’est ce qui est urgent ? Et surtout, qu’est ce qui est important ET urgent ?

John continua de parler :

« L’autodiscipline est une qualité importante du leader. Sans discipline, le talent ne sert à rien. L’auteur H. Jackson Brown fils avait dit en plaisantant : « Le talent sans discipline est comme une pieuvre sur des patins à roulette. Il y a beaucoup de mouvement, et vous ne savez jamais si elle va en avant, en arrière ou de côté. » Vous devez savoir vers où vous allez, et comment vous allez vous y prendre. C’est l’art de la stratégie d’action, vous connaissez ça par cœur.

Vous devez avoir une vision à communiquer. En fait, tout le monde parle de vision en entreprises de nos jours, à croire que l’ophtalmologie est l’étude préférée des managers. Mais réfléchissez attentivement, le concept de vision existe déjà depuis des millénaires. C’est le point de mire de toute motivation humaine : la finalité, grande, impressionnante, créatrice. Les religions elles mêmes s’appuient sur une vision, une finalité. Le leader doit avoir une vision à communiquer. Sa vision est de grande portée, s’étend sur le long terme, et ajoute une véritable valeur au monde. Elle va au-delà des simples préoccupations personnelles. Elle inclue tout, et tout le monde. Elle est grande, imposante d’évidence. Et par-dessus tout : elle doit motiver, toujours motiver.

Vous devez inspirer confiance aux autres. Votre vision éveille l’intérêt des autres, et la confiance que vous leur inspirez leur permet de vous suivre. Un leader dois avoir trois qualités essentielles pour créer la confiance : la compétence, l’écoute, et la force de caractère. La force de caractère communique des messages importants : l’uniformité de conduite, le potentiel, et le respect.

Conférez aux autres des pouvoirs, à la mesure de leur potentiel.

  1. Evaluez-les. Evaluez leur désir, leurs connaissances et leur habileté.
  2. Servez-leur de modèle. Les personnes à qui vous voulez conférer des pouvoirs doivent voir ce que signifie voler de ses propres ailes. Vous êtes un mentor pour eux, et vous devez enseigner.
  3. Donnez-leur la possibilité, et la permission de réussir. En vous attendant à la réussite et en verbalisant vos attentes.
  4. Transférez-leur votre autorité. Et c’est bien plus que déléguer des tâches je précise ! Ils doivent obtenir du pouvoir grâce à vous.
  5. Montrez publiquement la confiance que vous avez en eux.
  6. Donnez-leur une rétroaction. Je veux dire par là que vous devez les rencontrer en privé pour leur signaler leurs fautes et leurs erreurs de jugement. Et applaudissez chaque progrès qu’ils font, les gens font ce qui leur attire des éloges.
  7. Libérez-les pour qu’ils continuent seuls. Dès qu’ils sont prêts, donnez-leur le plus possible de liberté, d’autorité et de responsabilité. »

Il va vite, mais il a certainement beaucoup à dire. Je regarde mes notes pour avoir une vision plus claire de tout ce qu’il voulait communiquer. Cela fait à peine un demi heure que John parle. Et il faut absolument que je j’intègre le plus de choses pour progresser dans mon propre leadership. Voici les points importants que j’ai notés :

  • Suivre une vision et entraîner les autres avec soi.
  • Produire un message durable.
  • Etre discipliné pour améliorer continuellement son caractère et ses résultats.
  • Créer une base solide de confiance.
  • Renforcer la loyauté de ses collaborateurs.
  • Dynamiser les autres en étant un mentor de qualité.
  • Savoir donner du pouvoir aux autres, les rendre grands.

John donna dans l’heure et demie qui suivit un tas d’anecdotes et d’exemples de leaders. Il nous donna une foule des détails sur les attitudes qui les caractérisent. Il nous parla de sa propre vision, de ses expériences. Tous ces récits étaient comme un subtil mélange de comportement humain, chaud et vivant, et de froid fonctionnement économique et social. Il nous expliqua comment comprendre simplement les attitudes des gens, en utilisant un raisonnement complexe. Un raisonnement systémique en fait, expliqué à sa façon…

John finit de cette façon. « Il y a un dernier point important, annonça-t-il avec gravité. Un point tellement nécessaire, et pourtant cruellement oublié. Un leader digne de ce nom met toute une vie à se perfectionner, à obtenir de l’influence pour changer le monde qui l’entoure. Mais il doit prévoir sa sortie de scène. Il ne va pas exister éternellement. Eh oui, malheureusement tout a une fin, même vous. Vous devez donc former des successeurs, qui prendront la relève et continueront votre projet. Eux-mêmes s’amélioreront continuellement et formeront des successeurs. Ainsi votre vision deviendra atteindra réellement la grandeur. »

Il y avait de quoi réfléchir. Une vision qui s’étendrait sur plusieurs générations ? Ça, on peut dire que c’est de la vision à long terme, ou je ne m’y connais pas. Mais je comprends très bien où il veut en venir. Pratiquement tout les anciens de cette école m’ont parlé de cette notion de constante amélioration. Le mot kaisen en japonais traduit cette notion de croissance constante de la qualité. Une notion qui a abouti à un succès économique impressionnant. La qualité de vie rentre aussi dans l’objectif d’une constante amélioration.

Je pense que John veut aussi faire passer ce message. Le progrès constant, c’est la vision d’un vrai leader. C’est une finalité à long terme. Le leader voit sur des centaines d’années, voir plus. Il trouve le moyen de construire une tour vers ce rêve. Le leader partage ce rêve et motive les autre à l’aider à construire la tour. Ensemble, ils n’auront peut être que le temps de construire les fondations, mais ils profiteront tous d’une hauteur toujours plus grande. Ils s’élèveront, profiteront d’une vie grandie. Et après eux d’autres continueront leur ouvrage.

Sources :

  • John C. Maxwell, « Leadership 101, principes de base, ce que tout leader devrait savoir », Un monde différent

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