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Cold Reader

Cliquez sur le lien (ou l’image) ci-dessus pour lire ou télécharger gratuitement le livre « Cold Reader »

(cela peut prendre quelques secondes pour s’afficher)

Journaliste :

Certaines personnes affirment sérieusement que Franck Roid, à l’âge de seulement 28 ans, est l’un des plus grands leaders du monde moderne. Que pensez-vous de cette affirmation ?

Franck Roid (d’abord un peu surpris, puis le sourire aux lèvres) :

Eh bien, je pense que le leadership d’une personne s’évalue au nombre et à la qualité des gens qui la suivent. Mais les personnes qui cherchent en quelqu’un un leader se trompent, il y a plus noble que le leader je pense.

Journaliste :

Quel est cet individu « plus noble » ? Vous éveillez ma curiosité.

Franck Roid :

Un grand homme doit donner du pouvoir aux gens. Il doit les aider à être maîtres de leur vie et non qu’il se rende maître de leur vie… J’essaye à tout prix de tendre vers cet idéal.

« C’est l’histoire d’un explorateur qui découvrit un vaste monde, et y invita l’humanité ». Ce récit pourrait commencer de cette façon. Il pourrait même être résumé de cette façon…

J’ai écrit cette histoire pour vous. Vous pouvez la partager avec tout ceux que vous aimez si vous l’avez appréciée (ou alors avec ceux que vous n’aimez pas si vous ne l’avez pas appréciée), gratuitement cela va sans dire, et sans restriction.

Ma seule demande en échange, c’est de respecter les droits d’auteur (et donc de ne rien modifier). Je sais, je suis exigeant, mais j’aimerais beaucoup ne pas voir sur le net le même Cold Reader écrit par un obscur « Charles Hathan », cela me chagrinerait quelque peu…

Pour ce qui est des informations sur l’auteur je ne vous ferai pas l’affront de les écrire à la troisième personne (à la Jules César), tout le monde sait que c’est moi qui écris… Donc je resterai subjectif.

Pour résumer, j’ai créé mon entreprise en 2007, à l’âge de 24 ans, juste après mes études scientifiques. Je travaille depuis comme consultant indépendant, en stratégie d’entreprise. J’ai dès lors énormément appris, dans presque tous les domaines que j’ai approché. Possédant une vision bien particulière de la réussite, je veux également vous la faire partager sous une forme qui, je l’espère, permettra l’évasion de beaucoup d’entre-vous.

Ce « roman », plutôt court, est ma première histoire. Veuillez m’accorder toute votre bienveillante indulgence devant cette première naissance, si fragile et peut-être, si prometteuse à la fois. Inspirée de faits réels, elle a pour vocation de vous faire découvrir un domaine de connaissance de façon concrète, agréable, et en un temps assez bref.

Ici, le sujet du « Cold Reading » a été choisi un peu par hasard, en repensant à mon ancien professeur de physique et de « zététique » (je sais, vous ne savez pas ce que cela signifie, mais vous allez vite le découvrir). Après ce récit, j’en écrirai bien-sûr d’autres, sur d’autres sujets.

Tout cela fait beaucoup de « Je ». Alors « je » m’efface, et vous propose maintenant de nous préoccuper de vous, de votre évolution et de vos rêves. Appropriez-vous ce livre, cette histoire et son contenu, car une fois lu il vous appartiendra complètement. C’est votre vie après tout !

Chère lectrice, cher lecteur, à présent c’est à vous…

Alexandre Delivré

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Introduction :

Florent Fouque, un consultant qui m’avait envoyé son premier manuscrit il y a un an, va devenir un auteur prolifique… En effet, il a écrit cette année son deuxième livre, « L’antibible du contrôle de gestion », dans lequel l’approche systémique tient une place reine. Florent a su faire honneur à cette approche, en l’exposant clairement et de manière intelligente, et je l’en remercie.

J’ai donc ré-interviewé Florent, mais de manière un peu spéciale. J’ai créé pour l’occasion un « questionnaire dont vous êtes le héros », qui reste simple, dans lequel vous pourrez revisiter ou découvrir le monde de la gestion d’entreprise.

A présent, chère lectrice, cher lecteur, c’est à vous

QUEL GESTIONNAIRE ETES-VOUS ?

1er cas :

Vous êtes un jeune et nouveau manager au sein d’un grand groupe de télécommunication. Vous êtes en charge de ce que l’on appelle « les indicateurs » : des moyens de mesure permettant d’évaluer les résultats obtenus par les employés, les ventes, les réclamations des clients etc.

Vous regroupez, comme tout bon manager, ces indicateurs en un « tableau de bord » permettant d’y voir toujours clair.

Mais que décidez-vous de faire lors de la mise en place de votre tableau de bord ?

1) Vous demandez aux « anciens » de la boîte quel tableau de bord et quels indicateurs s’y trouvaient. Vous l’appliquez immédiatement car il a été utilisé dans cette entreprise depuis longtemps et a fait forcément ses preuves durant les années.

2) Vous prenez un peu plus de temps pour comprendre les mécanismes et les rouages de la boîte, en cherchant à savoir comment mesurer les résultats importants : ventes, efficacité de la publicité etc. et exclure tout le reste. Vous réinventez le tableau de bord de l’entreprise.

3) Vous combinez « astucieusement » les deux comportements précédents, en prenant soin de mettre à jour votre tableau de bord très régulièrement.

Réponse de Florent :

Réponse trois selon moi… Si l’entreprise a survécut jusqu’à ce jour, c’est que les indicateurs sélectionnés doivent être en phase avec les facteurs clés de succès de l’entreprise. En revanche, le choix des indicateurs se fait rarement de façon rigoureuse si bien que les indicateurs en place ont souvent besoin d’être redéfinis pour prendre en compte 3 critères essentiels : le seuil d’alerte pour éviter le syndrome de la grenouille ébouillantée, la synchronisation pour éviter le syndrome de la douche d’hôtel, et le périmètre étudié pour éviter le syndrome du pêcheur. 🙂

2ème cas :

Vous êtes responsable en marketing stratégique dans une importante maison de disque. Vous devez aider votre entreprise à trouver des nouvelles opportunités, ainsi que pour les artistes quelle représente.

Que faites-vous ?

1) Vous étudiez scrupuleusement les données des ventes et des modèles d’affaires employé depuis les 20 dernières années, non seulement par votre entreprise, mais aussi par TOUTES vos concurrentes. Le logiciel « excel » n’a plus de secret pour vous et les statistiques vous permettrons de trouver ce qui a marché, marche, et marchera dans le futur. L’ordre mathématique est une voie sûre et efficace pensez-vous…

2) Vous passez très vite à l’action pour trouver des opportunités qui échappe pour le moment à tout le monde : vous testez Internet, les applications sur mobiles, et mêmes certains ajouts dans le format disque compact ! Pas tout en même temps, car tout ne marchera pas… Mais le désordre peu avoir du bon pensez-vous…

Réponse de Florent :

Réponse deux assurément. L’approche constructiviste du marketing permet de challenger le produit au contact des clients. Le futur est émergeant il parait donc dérisoire de tenter de le prévoir. Les évènements récents en font une parfaite illustrations. L’entreprise mise sur le « tout contrôlable » et le « tout prévisible », or, les phénomènes systémiques comme le Cygne Noir ou le Point de Bascule nous obligent à remettre en cause ces croyances. Il convient alors davantage de projeter une vision dans le futur et de mettre en œuvre le nécessaire pour atteindre cette vision plutôt que de chercher à prévoir ce qui va se passer pour anticiper les évènements.

3ème cas :

Vous êtes responsable du budget au sein d’une importante entreprise industrielle, spécialisée dans la micro-informatique. Votre responsabilité est importante, car de nombreux services sont dépendants du budget sur lesquels vous allez arbitrer.

Justement, il est temps de décider les nouveaux budgets…

Que faites-vous ?

1) Comme chaque année, vous partez de zéro pour décider du budget alloué à chaque service.

2) Comme chaque année, vous décidez du budget sur la base de l’exercice passé.

Réponse de Florent :

Réponse une ! Reprendre les lignes du budget de l’année précédente devient sclérosant au fil du temps. Les dépenses inutiles se reportent d’année en année. Les nouvelles opportunités sont laissées de côté car imprévues au budget.  Le budget base zéro est le seul à même de garantir que les dépenses qui n’ont plus lieu d’être soient stoppées et que les opportunités qui se présentent puissent être financées. Mais la remise en cause du budget ne doit pas s’arrêter à sa construction… Une fois que l’exercice a lieu, il faut le rendre flexible de manière à répondre de façon agile aux nouvelles contraintes qui apparaissent.

4ème cas :

Vous êtes responsable de la comptabilité dans une entreprise exportant à l’international, produisant toute une gamme de chaussure en cuir.

Vous devez faire le point et décider quel type de chaussure vos usines devrait privilégier dans leur fabrication.

Que décidez-vous ?

1) Vous choisissez le produit le plus intéressant en calculant la différence entre le prix de vente et le coût de revient.

2) Vous choisissez le produit le plus intéressant en prenant presque exclusivement en compte le temps d’utilisation d’un seul poste dans toute la chaîne de fabrication.

Réponse de Florent :

Réponse deux : La production d’une chaîne de fabrication est conditionnée par l’utilisation de la ressource contrainte. La rentabilité des produits doit donc porter uniquement sur la marge sur coût strictement variable ramené à sa consommation de la ressource contrainte. Peu importe le coût de revient…

5ème cas :

Vous êtes contrôleur de gestion, très intéressé par les indicateurs, et vous travaillez dans la même entreprise de communication que dans le cas n°1.

Vous devez vérifier si les indicateurs sont tous utilisé correctement.

Que faites-vous ?

1) Vous multipliez les efforts pédagogiques pour expliquer le rôle et l’utilisation des différents indicateurs. Et ce, à chaque interlocuteur concerné dans l’entreprise.

2) Vous savez que tous les efforts pédagogiques du monde n’arriveront pas à la cheville d’un indicateur modifié, pour qu’il soit plus commode (comme la moyenne, le minimum etc.)

Réponse de Florent :

Réponse une : L’indicateur est un outil redoutable mais à double tranchant… S’il est mal utilisé ou mal définit il peut s’avérer contre-performant. Trop souvent les moyenne et les taux sont utilisés car maitriser de tous… Mais dans la plupart des cas, ils ne conviennent pas à la problématique à traiter. Dans ce cas, il conviendra de regarder du côté des indicateurs de mesures plus pertinents que sont la médiane, l’écart-type, le DPMO (Défauts par millions d’opportunités)…

6ème cas :

Vous êtes en charge des procédures dans une grande entreprise alimentaire française.

Votre devoir ce mois-ci est de communiquer avec les différents employés et les différents intérimaires.

Que faites-vous ?

1) Vous insistez auprès de chaque groupe de personnes sur le respect des procédures formelles et les différents sous-objectifs spécifiés.

2) Vous insistez sur la finalité de l’entreprise, et les différents moyens d’éviter les erreurs sur le « parcours », plutôt que de tout contrôler.

Réponse de Florent :

Réponse deux : Trop souvent les procédures sont « lâchées » aux opérateurs sans donner le sens de celles-ci. Comprendre ce que l’on fait et pourquoi on le fait est plus important que la bonne mise en œuvre de la procédure, car si un cas inhabituel se présente, seul le sens permet à l’opérateur de savoir comment agir.

7ème et dernier cas :

Vous êtes chef d’entreprise, et vous possédez une PME de 263 personnes. Vous exportez en Asie et en Amérique, en plus de l’Europe. Mondialisation oblige, vous vous interrogez sur votre perception du monde de l’entreprise, sur votre gestion et votre mode de pensée.

Que pensez-vous ?

1) Vous vous consacrez à une pensée analytique.

2) Vous vous consacrez à une pensée systémique.

3) Vous pensez que rien ne remplace l’intuition de l’homme d’affaire, et qu’aucun mode de pensée n’a à y mettre son nez.

Réponse de Florent :

Réponse : une combinaison des réponses une, deux, et trois. Pour pouvoir naviguer dans cet environnement de plus en plus complexe, un subtile dose d’analytique, de systémique et d’intuition sont nécessaires. L’analytique nous permet de comprendre dans les détails les propriétés des composantes que nous étudions, l’approche systémique nous aide a percevoir les interactions qui se nouent entre les composants et le fruit de celles-ci. Enfn, l’intuition nous permet de prendre une décision en intégrant les variables complexes qui évoluent et ce, même si cette base de connaissance reste en grande partie inconsciente.

Dernière question à toi Florent. J’ai appris qu’il pouvait y avoir un lien entre le contrôle de gestion et :

Des grenouilles, la robinetterie d’un hôtel, des cygnes noirs, un rétroviseur, quelques gouttes de lait, le goulot d’une bouteille, un pommier, un hamac, des toupies, des diamants et même des trésors…

Est-ce vrai Florent ?

Oh oui, c’est vrai… Le lien est subtil… Par analogie, le fonctionnement des petites choses qui nous entourent au quotidien peuvent révéler de façon heureuse des dysfonctionnements dans le contrôle de gestion tel qu’il est enseigné dans nos écoles et mis en œuvre dans nos entreprises. Vous en aurez la preuve en lisant L’Antibible du Contrôle de Gestion ! 😉

Et si vous voulez en savoir plus sur son livre, il faut aller par là (cliquez sur le lien):

http://www.l-antibible-du-controle-de-gestion.fr

Merci Florent pour tes réponses et le partage de ton savoir !


A bientôt à toutes et à tous.

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Il y a quelques mois de cela, j’ai reçu par la poste un manuscrit de Florent Fouque, un consultant que j’ai connu grâce à nos écrits respectifs sur Internet. C’était le manuscrit de son livre : « A la découverte du Lean Six Sigma ». D’ailleurs j‘y voyais un excellent livre, incontestablement : pédagogique (sous forme de roman), clair (beaucoup d‘illustrations), rigoureux (nombreuses références) et instructif (j‘ai enfin compris ce qui se cachait sous le nom barbare de « Lean-Six-Sigma » ).

 

Pour faire honneur à son remarquable travail, et pour le remercier de m’avoir fait participer, modestement, à son aventure, je vous livre ici une interview de Florent. Vous y verrez des sujets très divers : son livre, ses méthodes, ses projets, sa vision…

 

Les phrases en bleu sont de moi, celles en violet sont de Florent.

Bonne lecture à toutes et à tous !

 

 

1 ) Pourquoi as-tu choisi d’écrire sur le Lean-Six-sigma ? Un intérêt particulier pour toi ? Ou pour les autres ?

 

Il y avait certes un intérêt particulier pour moi, sinon il m’aurait été difficile d’affronter un tel projet que celui d’écrire un livre. Mais mon intérêt est avant tout, tourné sur les autres. Quand je me suis intéressé au Lean Six Sigma mon premier réflexe a été de me tourner vers la littérature existante, or j’ai été très surpris de voir que tous les livres qui traitaient du LSS le faisaient d’une manière bien peu accessible. Il m’a donc fallu 7 livres pour commencer à toucher du doigt cette méthodologie qui au final n’est pas aussi compliquée qu’elle n’y parait. Ce livre a donc pour but de démocratiser cette méthodologie qui à mon sens va devenir incontournable dans les années à venir.

 

Et pour toi, pourquoi le LSS n’est-il toujours pas devenu incontournable ? C’est un problème d’information ou de compréhension ?

 

C’est un problème de marketing ! La méthode a été construite autour d’une communauté d’experts. Au démarrage ça a très bien fonctionné, car le phénomène communautaire a pris une ampleur importante aux Etats-Unis. Les gens se sentaient valorisés par leur certification green belt, black belt etc. Le problème c’est que ce qui a fait le succès de la méthode hier est devenu un frein aujourd’hui, car lorsqu’on parle aux gens de Lean Six Sigma et qu’on appelle les praticiens green belt ou black belt (ceinture verte, ceinture noire) on a le sentiment que c’est une méthode qui demande beaucoup d’apprentissages avant d’être mise en oeuvre : c’est une erreur fondamentale ! Ensuite il y a une raison culturelle, aux états unis, ils lancent des programmes et regardent ensuite si ça fonctionne. Ils se posent moins de questions que nous autres français. Et dès qu’on commence à se poser des questions, on revient sur le premier argument « C’est trop compliqué ! Ce n’est pas fait pour nous ! »

C’est pour ces raisons que je m’évertue à désacraliser la méthode. Pour moi le LSS n’est pas réservé aux experts et il n’est pas utile d’avoir une certification pour lancer de tels projets.

 

Pour moi le LSS n’est pas réservé aux experts et il n’est pas utile d’avoir une certification pour lancer de tels projets

 

 

2 ) Une question difficile (et souvent détestée par les auteurs de livres) : Peux-tu nous dire en quelques mots le principe du Lean-Six-Sigma ?

 

L’exercice est vraiment difficile, car le Lean Six Sigma intègre beaucoup de concepts… Mais si j’essaie de jouer le jeu, je dirais que le principe du Lean Six Sigma est de proposer une boite à outils et une méthodologie structurée pour optimiser les processus en les ajustant aux besoins exprimés par les clients (qu’ils soient en interne ou externes).

 

C’est comme si on m’avait demandé de résumer l’approche systémique en une phrase, un exercice périlleux… Merci pour ta réponse. Le LSS est donc un moyen de mieux penser ses actions et son entreprise, afin d’améliorer la qualité globale de ses produits et de ses services, c’est bien ça ?

 

Oui, c’est exactement ça !

 

Le principe du Lean Six Sigma est de proposer une boite à outils et une méthodologie structurée

 

 

3 ) Pourquoi avoir choisi le style romancé pour un livre traitant de l’organisation et du business ?

 

J’ai choisi la forme du roman avant tout pour ces vertus pédagogiques. Et puis dans le roman, tout est permis. Je ne suis pas sûr que j’aurais pu placer la transposition du programme Apollo 11 sur un projet Lean Six Sigma dans un livre théorique. Et pourtant, il me semble que cette analogie apporte beaucoup dans le récit. En même temps, je souhaitais que ce livre reste un outil, c’est pour cela que j’ai accompagné le livre d’un CD-Rom qui permet au lecteur de bénéficier de tous les outils utilisés dans le projet et de les utiliser comme modèle s’il souhaite se lancer à son tour dans un projet.

 

D’où te viennent tes connaissances sur Apollo 11 et pourquoi le choix de cet exemple ? Sais-tu si la méthode LSS est utilisée de nos jours dans la conception des engins et programmes spatiaux ?

 

Je n’ai pas de connaissance spécifique sur Apollo 11. Je suis tombé par hasard, via un blog, sur le dossier presse de la mission Apollo 8, mission qui constituait un essai pour le lancement d’Apollo 11. En parcourant le document, j’ai vu le schéma avec les différentes étapes depuis le lancement jusqu’au retour. J’ai trouvé que cela ressemblait beaucoup à la décomposition des étapes d’un projet LSS. Dans ma tête ça a fait bingo ! Ensuite j’ai brodé autour et j’ai fait pas mal de recherches pour trouver d’autres analogies encore plus précises. Bref, l’analogie d’Apollo 11 que je trouve très riche après coup est née par sérendipité !

Et effectivement, je crois que la Nasa utilise le LSS mais je ne pourrais t’en dire davantage sur le sujet.

 

J’ai choisi la forme du roman avant tout pour ces vertus pédagogiques

 

 

4 ) Pourquoi avoir intégré de la systémique dans un livre qui traite du Lean Six Sigma ? Est-ce que la systémique est un outil issu de la méthode ou est-ce un souhait de ta part de l’incorporer ?

 

Pour moi la systémique est un cadre de perception très puissant qui peut être utilisé dans tout ce que nous faisons. Il aurait donc été dommage de s’en priver. Par nature le Lean Six Sigma intègre une formalisation systémique des processus, mais quand on arrive dans la phase d’analyse je trouve que les outils du LSS ne sont plus aussi efficaces sur des problématiques complexes comme la gestion des flux d’information et les contraintes organisationnelles, que sur des processus de fabrication très linéaires. Comme mon livre présente un projet d’amélioration de processus de service, la modélisation systémique venait naturellement apporter un plus dans le récit.

 

Donc la systémique te permettrait d’étendre le LSS en quelque sorte ? Pour toi, cette combinaison représente l’avenir très proche ou y-a-t’il encore trop de chemin à faire ?

 

A mon sens il y a encore du chemin avant que les praticiens du LSS se mettent à la systémique. La plupart des consultants qui connaissent le LSS travaillent avec depuis longtemps. Ils sont devenus archiconvaincus que le LSS s’adapte à toutes les situations sans se poser la question de la légitimité de son utilisation dans certains contextes. Et l’apport statistique du 6 Sigma n’arrange pas les choses puisque les vieux praticiens ne jurent que par Y=f(x), alors leur expliquer que X1+X2+Xn est à la fois supérieur et inférieur à Y, ça fait un peu beaucoup. D’ailleurs, j’ai déjà eu des remarques assez virulentes d’un master black belt (un gourou au milieu de la secte du LSS), sur ma légitimité à intégrer la systémique à la méthode. Bref, il faudra attendre une génération de praticien de la systémique et du LSS intégré pour que cela prenne forme. J’y travaille beaucoup de mon côté. J’ai notamment écrit toute une série d’articles sur mon blog où je présente l’intérêt d’intégrer la systémique au LSS, il faut bien l’avouer ces articles reçoivent peu de commentaires.

 

Cette association se prête-t-elle plus aux métiers de services dits « Professionnels, Scientifiques et Techniques », dans lesquels peu de processus sont vraiment linéaires au bout du compte ?

 

Totalement. Comme je le disais, le Lean Six Sigma a vu le jour dans les usines de production, là où les processus sont linéaires, c’est à dire là où ils sont plus compliqués que complexes. Dans les services les nombreuses interactions rendent les problématiques complexes et pour gérer la complexité quel meilleur outil que l’approche systémique ?

 

Pour moi la systémique est un cadre de perception très puissant qui peut être utilisé dans tout ce que nous faisons

 

 

5 ) Quels genres de bénéfices tirent les professionnels de la lecture de ton livre ? Et quels genres de professionnels sont le plus concernés par les principes traités dans ton ouvrage ?

 

Il y a deux types de bénéfice à tirer de mon livre. Le premier ce sont les gains directs du projet. Chaque projet intègre une phase de valorisation des gains apportés par le projet LSS. La plupart des projets LSS permettent aux entreprises de gagner entre 30000€ et plusieurs centaines de milliers d’euros. Par exemple, mon tout premier projet LSS a permis de réduire de 145000€ les coûts de traitement des commandes. Et mon projet a permis de déceler un million de gains potentiels sur un autre projet. Submergés par le quotidien, on ne se rend plus compte des potentiels de gains qui sont à notre portée, les projets LSS permettent de le mettre à la lumière du jour.

Le deuxième bénéfice est personnel. L’ajout du LSS à nos compétences sur le CV permet de valoriser une efficacité reconnue par les recruteurs. Dans certaines entreprises, la maitrise du LSS est une nécessité (même si ça n’est pas suffisant) pour être promu sur les postes les plus stratégiques.

Pour le public de mon livre, je dirais que tous les managers en responsabilité d’un service ou d’objectifs chiffrés gagneraient à connaître le LSS pour optimiser leur service et atteindre leur objectif. Force est de constater aujourd’hui que la méthode reste peu connue ce qui fait que la plupart des gens qui achètent le livre sont soit des étudiants, soit des consultants. J’espère que le bouche-à-oreille va changer ça, car, à mon sens, le Lean Six Sigma est à la portée de tous.

 

Donc pour toi, qu’est-ce qui pourrait convaincre la majorité des managers à adopter le LSS ? Peut-être se disent-ils que c’est encore une autre méthode « qualité » parmi tant d’autres, que personne dans son service ne voudra la mettre en place et que tout ceci ne sera que temps perdu finalement. Aussi, certains ont peut-être survolé la méthode sans jamais réellement la comprendre et sans saisir sa portée. Ton rôle est donc d’ouvrir ces personnes à responsabilité sur la pertinence du LSS dans leur profession ?

 

A mon sens ce qui pourrait convaincre les managers à se lancer dans la méthode ce serait l’accessibilité de la méthode. Ce à quoi mon livre s’attèle. Mais le premier levier qui amène les gens à s’intéresser à la méthode ce sont les projets qui rapportent beaucoup d’argent et dont ils entendent parler dans leur entourage. La plupart du temps, un seul projet bien réussi peut entraîner toute une entreprise à se lancer dans une démarche d’amélioration continue.

 

A mon sens, le Lean Six Sigma est à la portée de tous

 

 

6 ) Question étrange, mais intéressante : Peut-on utiliser la philosophie Lean-Six-Sigma dans sa vie quotidienne, en tant que particulier ?

 

Oui complètement ! Je m’étais d’ailleurs lancé dans un régime avec un projet Lean Six Sigma et j’en avais fait un article sur mon blog http://leansixsigma.free.fr/?p=70. J’avais également simulé un projet LSS pour devenir riche http://leansixsigma.free.fr/?p=175. Par la publication de ces deux articles, j’avais dans l’idée de rendre plus accessibles les concepts, mais il n’en demeure pas moins que ces exemples sont réels. La seule contrainte d’un projet LSS est de disposer d’un indicateur chiffré. Si cette contrainte est remplie, alors il est possible de lancer un projet LSS. Quand on parle de processus, on pense tout de suite au monde de l’entreprise, mais en fait, toute notre vie est une suite de processus. Alors, pourquoi ne pas optimiser nos processus du quotidien ? 😉

 

La plupart des gens, et c’est d’autant plus vrai pour des particuliers, ne savent pas trop quels objectifs ils visent lorsqu‘on y réfléchi bien. C’est un exercice difficile. Une grande partie des objectifs, si tant est qu’il y en a, restent assez vagues et peuvent difficilement être chiffrés. Que leur conseillerais-tu de faire pour passer au-delà de ce handicap ? Handicap qui peut bloquer tout le monde au démarrage…

 

C’est effectivement très compliqué. Je crois que le plus simple est de décomposer les objectifs en sous objectifs plus concrets. L’idée c’est de se donner une vision de ce que l’on souhaite atteindre, ensuite il s’agit simplement de décliner cette vision en objectifs concrets intermédiaires. L’erreur à mon sens est de rester sur une vision globale idéale sans jamais passer l’étape de la déclinaison en objectif opérationnel. Ces éléments sont largement repris dans La semaine de 4 heures et Stratégie de prospérité, deux livres très inspirants.

 

Toute notre vie est une suite de processus, alors pourquoi ne pas optimiser nos processus du quotidien ?

 

 

7 ) Ton livre paraît en format papier dans toute la France, après avoir été publié en format e-book depuis plusieurs mois. Pourquoi tenais-tu à le publier à l’ancienne ? Les atomes sont-ils des freins, comme on le dit à propos de la méthode Google, ou sont-ils un gage de qualité pour toi ?

 

Cette question me rappelle une interview de Daniel DARC où un journaliste lui demandait d’expliquer sa bisexualité. Le chanteur des Taxi Girl à l’époque avait répondu : pourquoi se priver de la moitié du monde ? Je répondrai de la même manière. Pour moi les deux supports ne sont, non pas antagonistes, mais complémentaires.

Je sais que certains de mes lecteurs ont lu mon livre sur leur iPhone, d’autres ont attendu la version papier pour l’acheter… Mon souhait est d’être le plus accessible possible, alors je propose les deux !

 

Donc il s’agit de combler les préférences « de support » de tout le monde ? Personnellement, j’aime beaucoup avoir un livre réel entre les mains. Aussi, si j’étais à ta place, le passage du numérique au format papier serait une vraie prise de conscience de la réalité de mon « oeuvre ». Cela te fait-il quelque chose ou est-ce juste un moyen d’étendre la portée de ton message ?

 

Non bien sûr que pour moi l’existence concrète du livre est très importante. Au-delà du simple support il est la preuve de la légitimité de mon ouvrage. Et je suis d’autant plus content lorsque je reçois comme aujourd’hui des mails des clients qui ont acheté le livre en prévente pour me dire qu’ils sont impressionnés par la qualité de l’édition. Au-delà du contenu j’ai réussi à offrir à mes lecteurs un bel outil. Pour moi c’est très valorisant.

 

Pour moi c’est très valorisant

 

 

8 ) Écrire un livre est une aventure en elle seule. Voulais-tu « changer de vie » en publiant une oeuvre à ton nom ? Une motivation émotionnelle plutôt que raisonnable t’a influencé ?

 

Ce livre, c’est neuf mois de travail… Le temps pour faire un bébé ! Donc oui c’est une aventure particulière. Je ne sais pas si ce livre est le résultat d’un souhait de changement de vie. Je dirais qu’il s’inscrit dans mon projet de vie. Pendant longtemps je me suis cherché. Je ne savais pas ce que je voulais faire dans les 10 ans à venir. Je me revois m’inventer des histoires pour me préparer à des entretiens d’embauche où la question revient systématiquement. Et puis il y a eu des lectures heureuses comme, « le strenght finder », « la semaine de 4 heures », « le cygne noir » etc. qui m’ont amené petit à petit à formaliser une vision plus précise de ce que je voulais être à terme. Cette vision s’est décomposée naturellement en objectifs très concrets comme la lecture de 50 livres et l’écriture d’un ouvrage tous les ans pendant les 10 prochaines années. Pour 2009, ces objectifs sont atteints, restera à savoir si je tiens la distance ! 😉

 

Ah, « La semaine de 4 heures » du très insolite Tim Ferriss, un livre qui a finalement influencé beaucoup de monde… « Le Cygne Noir » a eu aussi un grand impact sur ma façon de penser la stratégie. Tes meilleures lectures sont ces trois livres ou tu as eu d’autres grands coups de coeur ?

 

Oh oui beaucoup de coup de coeur… Le « Petit traité de la manipulation à l’usage des honnêtes gens » m’a permis de prendre conscience de la force de la théorie de l’engagement, « Comment se faire des amis » a totalement changé ma communication envers les autres, « La méthode » me chamboule le cerveau à chaque page, « La structure des révolutions scientifiques » m’a fait prendre conscience de la façon dont les changements de paradigme se mettent en place et le dernier en date « Punished by rewards » m’a amené à repenser totalement la façon dont j’éduquais mes enfants. Je pourrais en citer d’autres, mais là n’est pas l’essentiel, le plus important est de lire régulièrement, car c’est la façon la plus efficace de nous développer.

 

Je dirais qu’il s’inscrit dans mon projet de vie

 

 

9 ) Je suis impressionné par ta volonté d’aller jusqu’au bout. Comment as-tu trouvé le temps de travailler, de réfléchir et d’écrire en même temps ? Comment t’y prenais-tu pour te motiver semaine après semaine ? Il faut une discipline de fer pour mener à bien un projet de longue haleine tel qu’écrire et publier un livre !

 

Effectivement, c’est loin d’être simple. Et aujourd’hui que je lutte pour écrire le deuxième, je me remémore aisément les moments de solitude que j’ai connu l’année dernière. Je crois que le truc le plus simple pour aller de l’avant, c’est de prendre conscience de notre procrastination. Avoir conscience de l’inertie naturelle qui est en nous, de l’homéostasie de notre zone de confort, c’est vraiment le point crucial. À partir du moment où nous avons conscience de cela, alors le choix est simple : souhaitons-nous regarder les choses se faire ou souhaitons-nous faire les choses ? Cette question doit revenir chaque matin ! Et chaque matin il faut se donner les moyens de faire les choses plutôt que de se laisser aller. A l’inertie s’ajoute la difficulté d’écrire. Là encore, il faut s’y mettre à chaque occasion même si l’inspiration nous manque. C’est en écrivant que l’écriture vient. Chemin faisant comme diraient les systémiciens…! 😉

D’un point de vu pratique, je me lève à 6h30 tous les matins pour lire au moins 1h. Je me lève assez tôt le weekend pour avoir de longues plages horaires pour moi. Je ne regarde jamais la TV excepté les séries américaines comme true blood, breaking bad, flash forward, dexter…etc. que je regarde en VO pour maintenir mon anglais à niveau !

 

Je dois avouer que c’est une autodiscipline saisissante… Tu parlais de « La semaine de 4 heures » tout à l’heure, es-tu d’accord avec la « diète d’informations » prônée par l’auteur pour mieux vivre et avancer dans ses projets ? Ou conseilles-tu une autre méthode plus souple, que tu aurais expérimentée avec succès ?

 

Oui je suis d’accord avec la diète d’information même si c’est difficile de la pratiquer. Côté TV il n’y a pas de problème, mais pour les mails c’est plus difficile, j’ai du mal à m’en détacher, mais quand je passe à l’écriture la diète d’information est indispensable sinon rien ne sort, donc là il n’y a pas vraiment le choix… Là encore, il n’y a pas vraiment de méthode si ce n’est faire les choses et ne pas s’arrêter à y penser.

 

Souhaitons-nous regarder les choses se faire ou souhaitons-nous faire les choses ?

 

 

10 ) Enfin, quels sont tes projets futurs maintenant que tu as réussi à rendre ton livre disponible pour tous ?

 

Comme je le disais, je travaille déjà sur un deuxième livre. Ce sera la suite d’A la découverte du Lean Six Sigma et il portera sur la mise en oeuvre de l’organisation apprenante et s’appuiera sur les concepts de systémique. Comme je l’ai déjà dit, mon premier livre intègre déjà des notions de systémique, mais j’avoue que j’étais frustré de ne pouvoir m’étendre davantage sur le sujet. En y consacrant tout un livre, je pense que cette frustration disparaitra ! A côté de ça j’ai été sollicité par une consultante qui souhaitait coécrire un livre avec moi. Je travaille donc en parallèle sur le troisième tome de la saga. J’ai aussi quelques projets plus importants, mais je dois avancer dans la concrétisation pour pouvoir en parler plus précisément.

 

Un prochain livre plus axé sur la systémique ? Comme pour le LSS, la systémique est presque tout sauf démocratisée et intellectuellement accessible, il faut bien l’avouer ! Voudrais-tu devenir celui qui mettra à la portée de tous cette approche que je trouve si élégante et pratique ? Si la suite de « A la découverte du Lean Six Sigma » intégrera encore plus la systémique, c’est qu’elle a su te séduire autant que moi ? Ma fascination pour la systémique a commencé par hasard à la Fac… Mais toi Florent, pourquoi t’es-tu penché sur la question ? Penses-tu que beaucoup seront intéressés par ses applications, d’une étendue étourdissante ?

 

Je ne sais pas si je serai le prochain évangile de la systémique, ce qui est sûr c’est que côté pédagogie et accessibilité je ferai mieux que les très excellents Edgar Morin et Jean-Louis Le Moigne, je m’y engage, quitte à dire quelques bêtises au milieu de mes énoncés ! C’est également lors de mon cursus scolaire que j’ai été amené à me pencher sur la systémique. Ensuite je l’ai utilisé en entreprise. Quand j’ai vu le franc succès que ma modélisation a rencontré, je me suis dit que je ne lâcherai pas de si tôt cette si belle discipline. Aujourd’hui c’est toute ma vision du monde qui se transforme sous le filtre de la systémique, c’est assez grisant de se retrouver d’un coup muni d’une arme de perception aussi puissante.

 

Aujourd’hui c’est toute ma vision du monde qui se transforme sous le filtre de la systémique

 

Merci encore Alexandre pour cet entretien des plus intéressants !

Merci à toi Florent, c’était très instructif d’avoir ton point de vue sur ces sujets !

 

Si le livre de Florent vous intéresse, vous pouvez vous le procurer sur le site http://www.a-la-decouverte-du-lean-six-sigma.fr


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Pour lire Le Cygne Noir (Partie 1), cliquez ici

Ah, la tour Eiffel… Un monument vraiment insolite quand on y réfléchit bien. Je ne l’avais pas visitée depuis mon enfance !

Je rejoignis N.N. au premier étage, comme nous l’avions prévu la veille. Linh m’accompagnait, car elle voulait absolument rencontrer mon mystérieux contact de l’aéroport. Je fis les présentations, et nous nous installâmes à côté de la barrière pour pouvoir admirer le paysage. Le vent était assez fort mais nous arrivions tout de même à nous entendre.

« Tony n’est pas là aujourd’hui ? » demandais-je à N.N.

« Ah non il ne sera pas là, il m’aide à préparer quelque chose d’important pour une prochaine visite en France. J’ai absolument voulu voir la tour Eiffel avant de partir, car je dois malheureusement quitter Paris demain matin par le premier avion. »

J’étais déçu par cette annonce. Peut être que j’espérais intérieurement qu’il reste beaucoup plus longtemps, même si c’était impossible.

« Alex, j’ai été ravi de te rencontrer ce soir dernier à l’aéroport, nos discussions étaient réellement intéressantes. Je te parlais d’un sujet qui me tenait à cœur et sur lequel je réfléchis depuis longtemps. Je vais essayer de t’en dire un peu plus maintenant, pour que tu puisses y réfléchir profondément à ton tour. Mais je ne pourrais pas tout te dire, tu dois découvrir certaines choses tout seul : « Rien de ce qui mérite d’être appris ne doit être directement enseigné ». »

« Rien de ce qui mérite d’être appris ne doit être directement enseigné »

Linh le regardait intensément, elle réfléchissait sûrement au sens de ses paroles. Quant à moi, je me demandais encore ce je que faisais là, comme en apprentissage, avec un homme qui me connaît à peine.

N.N. interrompit mes pensées :

« Hier, quand tu t’es présenté brièvement à Tony et à moi, tu nous a dis que tu étais entrepreneur n’est ce pas ? »

« Oui c’est vrai. Je travaille pour les autres dans les services, comme systémicien. »

« Systémicien, c’est celui qui est à l’étude des systèmes c’est bien ça ? »

« Oui, c’est bien ça pourquoi ? »

« Parce que tu vas alors sûrement saisir toutes les implications de ce que je vais, brièvement, te dire. Ton amie Linh sera aussi très intéressée, j’en suis sûr.

Pour vous, comment est le monde, en comparaison avec la pensée ? »

Pour vous, comment est le monde, en comparaison avec la pensée ?

J’étais encore surpris par sa question, un peu déconcertante. Linh répondit avant moi :

« Le monde est concret, réel, si on me passe cette évidence, dit-elle avec un petit sourire en coin. Et notre pensée est un modèle, une représentation approximative. »

« Bien, répondis N.N., très bien même ! Elle est douée ton amie me dit-il avec un clin d’œil.

En fait, l’homme est fait, neurologiquement je veux dire, pour se représenter le monde. Nous dressons une carte  mentale du territoire du réel. Une carte plus ou moins détaillée, plus ou moins exacte, et aussi et surtout, qui s’appuie sur notre expérience du monde. C’est comme si on conduisait en regardant toujours dans le rétroviseur. Et c’est là que se rejoignent tous les biais mentaux que je t’ai cité jusqu’à maintenant : l’erreur ludique, le problème de l’induction, la grande difficulté de penser à l’Extrêmistan et à l’existence des Cygnes Noirs…

Le monde est complexe, de plus en plus complexe même. Et nous avons des schémas mentaux limités, qui ne peuvent pas tout maîtriser, même si on l’aimerait beaucoup. Et une fois accepté ce fait, tout devient beaucoup plus facile ! Savez-vous ou je veux en venir, surtout toi, le systémicien ? » Il m’interrogeait du regard.

Nous dressons une carte mentale du territoire du réel.

Je réfléchis quelques secondes et lui donnais ma réponse :

« Je sais ce que tu veux dire, j’ai réfléchi à tout ça le soir où tu m’as parlé des Cygnes Noirs. En fait il ne sert à rien de les prévoir, il faut juste prévoir leurs conséquences possibles. Pour les Cygnes Noirs négatifs, c’est un peu le principe des assurances : j’ai peu de chance de tomber sur une grosse « tuile » (même si ce n’est qu’une chance sur un million), mais si cela me tombe dessus je suis vraiment très mal… Il y a beaucoup de Cygnes Noirs négatifs différents, mais leurs conséquences sur notre vie, elles, se rejoignent beaucoup. C’est contre les conséquences néfastes que je peux surtout me protéger, pas contre les Cygnes Noirs négatifs en eux-mêmes, que je ne peux pas prévoir… »

C’est contre les conséquences néfastes que je peux surtout me protéger, pas contre les Cygnes Noirs négatifs en eux-mêmes, que je ne peux pas prévoir…

N.N. paru agréablement surpris, ma réflexion le soir de l’hôtel n’a donc pas été vaine.

« Eh bien bravo, tu as compris quelque chose de vraiment capital. Si tu as déjà déduis cela de tes réflexions, tu vas aimer la suite. Pour toi, qu’en est-il des Cygnes Noirs positifs ? »

Linh était concentrée sur la conversation, et elle semblait vraiment apprécier l’échange que j’avais avec N.N. Je répondis :

« Les Cygnes Noirs positifs ne peuvent pas être prévu non plus. En tout cas dans le détail. »

Les Cygnes Noirs positifs ne peuvent pas être prévu non plus. En tout cas dans le détail.

« Exact, et c’est pour ça que je t’ai redemandé si tu étais entrepreneur. Sais-tu pourquoi ? »

« Un bon entrepreneur sait tirer partie des Cygnes Noirs positifs ? »

« Oui. Il sait en tirer partie parce qu’il sait provoquer sa chance. Il essaye beaucoup de choses différentes pour arriver à ses fins. En se trompant souvent bien sûr, mais en essayant de nouvelles choses plus souvent qu’il ne se trompe.  Sans forcément être entrepreneur, une personne qui a réussit est une personne qui a eu de la chance en tirant le bon numéro. Et cette heureuse personne aura utilisé cette technique étrange, mais simple en soi : elle a su tirer beaucoup de numéros différents, tout en apprenant de chacun d’eux.

Aussi, nous ne pouvons pas prévoir les Cygnes Noirs positifs, mais nous pouvons en prévoir les conséquences positives sur notre vie. De la même manière qu’il faut se protéger des conséquences des Cygnes Noirs négatifs, il faut tout autant être ouvert et préparé aux conséquences des Cygnes Noirs positifs. Savoir les provoquer, les chercher, tirer le plus possible de billets de loto gratuits en quelque sorte. On gagne rarement, mais quand c’est le cas… » Il fit un silence d’une dizaine de secondes, puis ajouta :

« Savez-vous ce qu’est la sérendipité ? »

Une personne qui réussit est une personne qui a eu de la chance, en tirant le bon numéro, mais qui a su tirer beaucoup de numéros différents.

Ce terme me disait quelque chose.

« C’est le principe de découverte fortuite non ? »

« C’est ça, répondit-il. Le terme sérendipité désigne un phénomène : trouver quelque chose d’intéressant mais de façon totalement imprévue, en cherchant autre chose, voire rien de particulier. On cite souvent des découvertes très importantes sont faites tout à fait par hasard : la découverte de la radioactivité, la découverte de pénicilline, la découverte de l’Amérique etc. Selon la phrase célèbre de Pasteur, « le hasard favorise l’esprit préparé ». Mais tout ceci revient à la même conclusion : il faut être ouvert aux Cygnes Noirs positifs car on ne peut pas les prévoir. Alors on favorise leur apparition en espérant, en cherchant où ils se cachent, et surtout, en étant préparé à recevoir ce qu’ils nous donnent. Si l’on ne rencontre pas des personnes extérieures à notre domaine de compétence, on aura plus de mal à innover ; si l’on n’écrit pas de livre, on ne sera jamais un auteur à succès ; si l’on ne trouve pas de nouvelles façon d’agir, on ne révolutionnera jamais son entreprise, ou la société en général d’ailleurs… »

Le terme de sérendipité désigne un phénomène : trouver quelque chose d’intéressant mais de façon totalement imprévue, en cherchant autre chose, voire rien de particulier.

Linh intervint :

« Donc en fait, une personne qui réussit c’est quelqu’un :

1) qui sait que sa carte mentale n’est toujours qu’approximative et incomplète ;

2) qui se protège des pires conséquences des éventuels Cygnes Noirs négatifs ;

3) et enfin qui recherche activement et est toujours bien préparé aux conséquences des Cygnes Noirs positifs.

C’est bien ça ? »

N.N. acquiesça d’un hochement de la tête, un grand sourire se dessinait sur ses lèvres. L’essentiel avait été dit. Tirer le maximum de billets de loto gratuits, cette phrase me restait encore dans la tête. C’est une  image vraiment parlante.

Tirer le maximum de billets de loto gratuits, cette phrase me restait encore dans la tête.

Il y avait moins de bruit à présent. Le vent soufflait doucement sur mon visage, alors que je méditais sur tout ceci. N.N. devait partir, et nous a remercié pour ces agréables moments d’échanges. Il reviendrait dans quelques temps pour faire une conférence sur le Cygne Noir. Le thème de son ouvrage. Il m’expliqua qui il était vraiment avant de partir.

Je le reverrai sûrement. En attendant, je réfléchirai soigneusement à tout ce qu’il m’a déjà dit, même si c’était peu par rapport à tout ce qu’il savait, j’en étais persuadé.

Nous n’étions plus que nous deux, Linh et moi, au premier étage de la tour Eiffel, la vue imprenable sur Paris.

« Linh, je vais mieux faire ce que j’aime dans la vie : apprendre et communiquer. Je vais commencer mon livre, depuis le temps que je t’en parle, l’heure est venue à présent. »

Elle me regarda avec un ses yeux intenses et son grand sourire :

« C’est vrai ? Alors je t’encourage à 100 % ! J’ai hâte de le lire ! Si ça se trouve, ton livre sera comme cette tour Eiffel… »

« Comme la tour Eiffel ? »

« Oui, elle a été construite pour l’exposition universelle, et bien peu de gens avaient l’intention de la laisser debout. Mais le hasard, la récente découverte des ondes radio je crois bien, a permit son immortalité. Et nous sommes dessus aujourd’hui, plus d’un siècle plus tard ! Tu vas donc toi aussi provoquer tes propres Cygnes Noirs Positifs, n’est-ce-pas Alex ? »

Merci Linh, tu as raison. Il est temps de tirer les numéros gagnants…

Sources :

  • Nassim Nicholas Taleb, “Le Cygne Noir, la puissance de l’imprévisible”, Les Belles Lettres
  • Nassim Nicholas Taleb, “Le hasard sauvage”, Les Belles Lettres

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J’ouvris la porte de ma chambre d’hôtel. En fait, je ne regrettai vraiment pas de devoir rester ici ce soir, le cadre était magnifique : la chambre et le lit étaient spacieux, la décoration de bon goût (enfin pour moi), et il y avait même un mini-bar déjà rempli de boissons en tout genre.

Je posai mon sac sur mon lit, m’assis à côté et réfléchis en silence. Pourquoi cet inconnu étrange a-t-il utilisé l’expression « cygne noir » ? Je n’aime pas ne pas comprendre, cela paraît banal comme attitude mais chez moi c’est peut être un peu trop poussé à l’extrême…

Il était 21h moins cinq. Il était temps que je descende rejoindre N.N. au réfectoire de l’hôtel.

 

Pourquoi cet inconnu étrange a-t-il utilisé l’expression « cygne noir » ?

 

Je le vis en train de se servir en entrées au buffet, puis se rasseoir à sa table, seul. Je me servis également. Nous n’étions pas nombreux, seules quelques familles du minibus qui provenait de l’aéroport étaient descendues manger un morceau.

 

Je le rejoignis : « Je peux manger avec vous ? »

« N’oublies pas de me tutoyer…  et bien sûr que l’on peux manger ensemble, sinon je ne t’aurais pas invité à me rejoindre tout à l’heure ! »

Évidemment, ma question était idiote mais bon…

 

Je m’assis, et poursuivis avec une pointe d’hésitation dans la voix : « Euh, j’ai une quest… »

Il m’interrompit : « Je sais, tu veux savoir ce que je voulais dire par « Cygne Noir ». Je vais te répondre avec plaisir. Le Cygne Noir est en quelque sorte ma spécialité et mon principal centre d’intérêt de ces dernières années. »

« Tu ne m’avais pas dit que c’était l’Extrêmistan ta spécialité ? »

« Ça l’est ! Les notions de Cygne Noir et d’Extrêmistan se rejoignent. Mais je ne vais pas te répondre directement, tu vas devoir faire un effort dans ce sens si tu veux bien. »

 

Les notions de Cygne Noir et d’Extrêmistan se rejoignent.

 

Ah un défi, au moins je ne vais pas m’ennuyer : « Vas-y je t’écoute N.N. »

« Connais-tu le problème de l’induction ? »

« De l’induction ? En science tu veux dire ? »

« C’est ça, de l’induction scientifique. Par exemple, comment ferais-tu pour prouver que tous les cygnes sont blancs ? »

 

L’induction scientifique. Par exemple, comment ferais-tu pour prouver que tous les cygnes sont blancs ?

 

« Je ferais une observation de tous les cygnes que je croise. Mais ça serait facile. Même une observation rigoureuse serait simple à faire. J’observe un cygne, je note sa couleur, et ceci répété sur un grand nombre de cygnes, un grand échantillon pour qu’il soit représentatif. S’il sont tous blancs, alors il y a de fortes chances pour que l’ensemble de la population des cygnes soit blanche. C’est à ça que sert l’induction : je fais des observations et j’en induis les règles générales. Je n’ai observé que des cygnes blancs jusqu’à aujourd’hui, j’en induis que tous les cygnes sont blancs. »

« Mais il y a un petit problème… Alex, tu vois où ? »

 

C’est à ça que sert l’induction : je fais des observations et j’en induis les règles générales. Je n’ai observé que des cygnes blancs jusqu’à aujourd’hui, j’en induis que tous les cygnes sont blancs.

 

Je réfléchissais en même temps que je parlais : « Euh, en fait, oui, il y a un petit bémol. J’en ai induis une règle générale, mais je ne suis pas sûr qu’elle soit vraie à 100%. Rien ne me prouve que tous les cygnes, sans exception soient blancs. Je ne peux pas observer tous les cygnes de la Terre, et donc, je ne peux pas avoir une règle sûre… »

« Voilà le problème de l’induction. Tu as observé des cygnes qui étaient tous blancs, et tu en as induis la règle générale : « tous les cygnes sont blancs ». Or ce n’est pas une bonne règle, la bonne serait : « tous les cygnes semblent être blancs, jusqu’à preuve du contraire ». Un jour, tu rencontreras un cygne noir, très rare, qui te fera réviser ta théorie… En réalité, tu ne peux pas prouver que quelque chose et vrai dans une théorie, tu peux seulement prouver qu’elle est fausse. »

 

Or ce n’est pas une bonne règle, la bonne serait : « tous les cygnes semblent être blancs, jusqu’à preuve du contraire ». Un jour, tu rencontreras un cygne noir, très rare, qui te fera réviser ta théorie…

 

« D’où l’attitude des sceptiques pour les théories… »

« Exactement. Tu as pris du poulet là non ? »

« Oui, pourquoi tu me demandes ça ? »

« Tout simplement parce que le poulet qui est dans ton assiette s’y connaît sûrement mieux en Cygne Noir que toi, je me trompe ? »

 

Je regardai mon assiette et m’interrogeai sur ce qu’il venait de me dire. Ce poulet ne devait plus savoir grand-chose dans l’état où il était…

Je relevai brusquement la tête vers mon interlocuteur : « Que veux-tu dire ? »

« Imagine que notre malheureux poulet ai vécu mille et un jours en tout. Qu’a-t-il pensé des humains et de sa vie en général durant les mille premiers jours ? »

« Eh bien je suppose qu’il devait trouver les humains très sympathiques, et pour cause, ils lui donnaient à manger à profusion tous les jours. Il devait même se sentir de plus en plus en sécurité au fil du temps, car ce comportement généreux se répétait chaque jour, mille fois de suite. Pour faire le rapprochement avec le problème des cygnes blancs et de l’induction, c’est comme s’il avait observé que des cygnes blancs pendant mille jours, et qu’il en induisait que tous les cygnes sont et seront blancs. »

 

Il devait même se sentir de plus en plus en sécurité au fil du temps, car ce comportement généreux se répétait chaque jour, mille fois de suite.

 

Il intervint dans mon raisonnement : « Oui, et jusqu’à ce que ? »

« Jusqu’à ce que le mille et unième jour, contre toute attente de sa part, le sympathique humain l’abatte pour le manger ou le vendre comme nourriture. C’est le Cygne Noir, celui qui détruit une théorie de toute une vie, c’est bien ça N.N. ? »

« Tu as compris. Tu remarqueras d’ailleurs l’ironie de la situation : c’est quand le poulet était le plus sûr du comportement sympathique des humains, le mille et unième jour, après milles observations identiques, que tout s’écroule, et de manière radicale. »

 

Jusqu’à ce que le mille et unième jour, contre toute attente de sa part, le sympathique humain l’abatte. C’est le Cygne Noir, celui qui détruit une théorie de toute une vie.

 

Je jetai un œil vers mon assiette, et je me surpris presque à éprouver de la pitié pour mon infortuné dîner. C’est vrai, il ne méritait pas un tel… Cygne Noir.

 

Il interrompis mes pensées : « Si tu savais à quel point les humains sont touchés par les Cygnes Noirs, tu serais surpris. Malheureusement, le cerveau humain n’est pas fait pour les voir et les comprendre. On ignore les Cygnes Noirs, purement et simplement, car ils sont rares. Ou, ce qui revient presque au même, on accorde trop d’importance à un tout petit nombre d’entre eux, en oubliant complètement les autres.

 

On ignore les Cygnes Noirs, purement et simplement, car ils sont rares.

 

Mais il ne faut pas oublier que, comme pour ton poulet de ce soir, un Cygne Noir a une influence radicale sur notre vie, et c’est vraiment ça qui est capital. Dans beaucoup de professions, ou dans notre vie privée, les Cygnes Noirs interviennent et chamboulent tous les plans que l’on aurait pu imaginer. En bien comme en mal. » Il regardait dans le vide, et semblait pensif…

« Tu veux parler des professions qui appartiennent à l’Extrêmistan c’est ça. Et tu viens de dire « en bien comme en mal », il existe des Cygnes Noirs bénéfiques ? »

« Oui, il existe des Cygnes Noirs négatifs, qui détruisent des professions et des vies, et inversement, des Cygnes Noirs qui créent en un temps record des succès sans limite. Ces derniers s’appellent des Cygnes Noirs positifs. La clé de la réussite étant de limiter l’impact des Cygne Noirs négatifs sur sa vie et de s’exposer intentionnellement aux Cygnes Noirs positifs… »

« On peut limiter l’impact des Cygne Noirs négatifs, et s’exposer intentionnellement aux Cygnes Noirs positifs ? Tu éveilles ma curiosité N.N., comment peut on faire ça ? »

« C’est d’une grande simplicité, crois-moi. C’est juste que l’on n’a pas l’habitude d’y penser.

J’ai appelé un ami tout à l’heure avant de venir dîner. Au lieu de reprendre l’avion demain, je vais rester quelques jours sur Paris. Tu t’en vas d’ici quand ? »

 

La clé de la réussite étant de limiter l’impact des Cygne Noirs négatifs sur sa vie et de s’exposer intentionnellement aux Cygnes Noirs positifs…

 

Je réfléchissais à toute vitesse. Je voyais bien quelle était l’opportunité qui se présentait à moi.

Je répondit sans hésiter : « J’ai quelques coups de fils à donner demain matin, je reste sur Paris. »

Il sourit : « En voilà une bonne nouvelle ! Tiens je te donne mon numéro de portable. »

Il griffonna quelque chose sur un petit bloc note qu’il sorti de sa veste. Mais il semblait écrire plus qu’un simple numéro et son nom…

 

Il arracha le papier et me le tendit. Il n’y avait pas son nom, juste « N.N. », suivi de son numéro de portable. En dessous il y avait ce court texte :

 

Un Cygne Noir s’identifie grâce à ces trois éléments, intimement liés :

1) il est totalement inattendu ;

2) son impact est gigantesque ;

3) notre cerveau va trouver des raisons logiques pour l’expliquer a posteriori.

Il se leva et me tendit la main pour me dire au revoir, il avait déjà fini son dessert et je n’avais pas encore commencé. Je dois être dans un autre monde, surtout à prendre la décision de rester sur Paris, sur un coup de tête, tout ça pour bavarder avec un inconnu…

Je serrai sa main, et il me dit : « Ne t’en fais pas, tu n’as qu’à voir cette situation comme un Cygne Noir qui sera peut être très positif qui sait. Rappelle-moi demain quand tu peux. Allez au revoir ! »

Il sortit du réfectoire d’un pas rapide. Dire qu’il avait deviné mes pensées ! Je souriais intérieurement.

Tout était très silencieux à présent, sauf mes pensées, qui fusaient dans tous les sens. J’étais le seul qui restait, car il était tard. Après avoir fini de manger pensivement, je rejoignis ma chambre et allumait mon ordinateur portable qui était rangé dans mon sac. Ils ont forcément un réseau dans l’hôtel… La réponse est oui. Je tape « cygne noir » dans le moteur de recherche d’images…

 

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Les cygnes noirs existent bels et bien. La métaphore de N.N. était là, sous mes yeux, elle me mettait en garde contre mes certitudes, et je me pris à rêver devant la photo affichée sur mon écran d’ordinateur…

Si je pouvais utiliser les Cygnes Noirs à mon avantage, ma vie serait alors transférée dans un monde illimité…

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Cette histoire sera éditée en plusieurs parties, qui se suivront et se complèteront.

Ce récit repose sur des évènements vécus, et d’autres qui sont imaginés. L’homme dont je fais l’heureuse connaissance est une personne qui existe bel et bien, mais que je n’ai pas (encore) rencontré personnellement.  Que l’auteur du « Cygne Noir » me pardonne mes libertés dans mon récit, j’essaye d’être fidèle à sa personne et à sa pensée du mieux que possible. Pourtant une certaine humilité s’impose à moi, car une fidélité totale n’est pas vraiment réalisable : cet auteur possède un vécu et des connaissances qui vont bien plus loin que les miens. Le but est de vous faire découvrir à tous des concepts qui m’ont beaucoup touché et m’ont fait vraiment réfléchir, le tout à travers une histoire agréable et facile à se représenter.

Si vous êtes curieux(se), alors n’hésitez pas à entrer dans ce monde, vous pourriez en ressortir vraiment changé(e)… d’une manière ou d’une autre !

Aéroport de Paris, 19h30. Ma correspondance est annulée. Quelle surprise ! Ce n’est que la troisième fois que ça m’arrive en dix ans… Bloqué à Paris alors que je n’ai rien d’important à y faire. Pourtant, cette fois je n’aurai pas à prendre le train pour rentrer : ils m’offrent la nuit à l’hôtel Hilton. C’est plutôt pas mal. Pour les autres passagers du vol, l’atmosphère est tendue, cela se sent.

Je récupérai mon bagage, signai les formalités de la compagnie aérienne et me dirigeai vers le minibus qui nous amènera vers l’hôtel. Il est tard, et le voyage, plus ces péripéties, m’ont un peu fatigué.

Un homme en veste marron-claire, chemise bleue, et avec une petite barbe grise s’assied à côté de moi.

« Bonsoir Monsieur, lui dis-je lorsqu’il se mis à l’aise dans son siège, votre vol à lui aussi été annulé je suppose. »

Il se tourna vers moi :

« Bonsoir, oui mon vol a été annulé, mais j’ai l’habitude de traiter avec ce genre de situation. »

Il avait un léger accent.

« Vous êtes étranger ? »

« Hum, oui je suis américain, mais je sais parler français depuis mon enfance. »

« Vous venez de dire que vous aviez l’habitude de traiter ce genre de situation, ça vous arrive souvent quand vous venez en France ? »

« Non, non, pas du tout, les vols annulés cela arrive… même chez moi » me répondit-il avec un discret clin d’oeil. « Ce que j’ai voulu dire c’est que mon travail même consiste à m’adapter aux aléas de la vie, quels qu’ils soient. Ce qui vient d’arriver est une broutille, comparé à ce qui pourrai arriver. »

Ce que j’ai voulu dire c’est que mon travail même consiste à m’adapter aux aléas de la vie, quels qu’ils soient.

J’étais intrigué par ce qu’il venait de dire. Mais pas seulement. Il avait un ton dans la voix qui disait : j’en sais long sur le sujet, très long.

« Pardonnez ma curiosité : quel travail faites-vous donc ? »

Il me répondit droit dans les yeux avec un léger sourire dans la voix :

« D’habitude lorsque l’on me le demande et que j’ai envie de rester tranquille et pouvoir lire, je répond que je suis chauffeur de taxi. Les gens me répondent « Ah », et me fichent la paix. Mais en réalité, je suis ce que l’on peut appeler un « penseur de l’incertitude ». »

Je suis ce que l’on peut appeler un « penseur de l’incertitude ».

J’étais encore plus désarçonné. Je ne comprenais pas ce qu’il voulait me dire.

« Donc, vous êtes une sorte de philosophe de l’incertitude ? » Tentai-je.

« Oui, c’est ça. Je suis un spécialiste de l’Extrêmistan. Alors que les gens, en général, sont des spécialistes du Médiocristan. »

Je suis un spécialiste de l’Extrêmistan. Alors que les gens, en général, sont des spécialistes du Médiocristan.

Je n’y comprenais rien. Je pensais être tombé sur quelqu’un d’un peu trop spécial à mon goût, et pourtant j’estime être quelqu’un d’ouvert…

Il poursuivit en riant :

« Je vois que j’ai réussi mon entrée ! Vous avez l’air d’avoir les idées qui partent dans tous les sens. Je suis quelqu’un d’un peu original, heureusement pour moi ! Vous pouvez me tutoyer, appelez-moi par un de mes surnom : N.N. »

« Ah, alors tutoyez-moi également, on me surnomme Alex d’habitude. »

« Enchanté de faire ta connaissance Alex. Tu m’as l’air d’être quelqu’un de curieux des choses. Je peux te poser une question ? Tu apprécieras sûrement ! »

« Euh, bien sûr, vas-y N.N. » dis-je en souriant à moitié.

« Tu vois ce minibus, il reste encore quelque personnes qui doivent monter pour qu’il se décide enfin à partir. On doit être une vingtaine à l’intérieur. Regarde les bien, tous, surtout leur taille. »

Nous étions à l’arrière, donc la chose fut rapide à faire, même si ils étaient assis, il était facile de deviner leur taille avec la hauteur du tronc.

« Hum, oui il y a toute sorte de gens. Ils font tous à peu près la même taille. Je ne vois rien de spécial. »

Ils font tous à peu près la même taille. Je ne vois rien de spécial.

« Justement, tu ne vois rien de spécial. Parce qu’il n’y a rien de spécial. La taille des gens fait partie de ce que j’appelle le Médiocristan. Maintenant fait la moyenne de toutes les tailles que l’on trouve dans notre groupe des exclus des voies aériennes… »

« Je dirai 1,70m environ. Oui je pense que c’est une moyenne convenable. »

« Bien, maintenant imagine ceci : un basketteur géant entre dans notre groupe, il fait 2m10 de haut. La moyenne des tailles changera-t-elle de beaucoup ? »

« Non, même dans notre groupe de seulement 20 personnes, la moyenne variera de 1 ou 2 %, tout au plus. Notre géant ne fera pas beaucoup la différence, la moyenne des tailles passera de 1,70m à 1,72m, à tout casser. »

Non, même dans notre groupe de seulement 20 personnes, la moyenne variera de 1 ou 2 %, tout au plus.

« Exactement ! » Il baissa un peu la voix : « Maintenant, essaye d’imaginer le revenu annuel de chacune de ces personnes. Je sais ça ne sera pas facile, ni sympathique pour ceux pour qui tu te trompera de beaucoup, mais peu importe, cela n’influera pas sur la conclusion. »

Je réfléchi pendant quelques secondes et me lançai :

« Bon. Il y a beaucoup de vacanciers et de familles, et des cadres… ah il y en a un qui va monter dans le bus, avec sa femme. Je le reconnais, il refusait que l’on lui paye une chambre « minable », comme il l’a dit lui-même. Il a décidé de payer plus pour prendre une suite. Il a donné 8000 euros au responsable de l’hôtel qui était à l’aéroport, pour que tout soit parfait pour lui et sa femme, et que tout soit préparé afin qu’ils repartent pour le premier avion qui décolle demain matin. Je n’ai jamais vu ça. Bref, il a doit avoir juste une quarantaine d’années, et il s’est fait remarqué… il doit être riche, vraiment riche.

Je vois où tu veux en venir N.N., la moyenne, cette fois-ci, va grimper énormément lorsqu’il montera dans le minibus (s’il accepte de monter !). L’argent est une valeur plus aléatoire que la taille des gens. Du coup, un seul « très riche » va considérablement influer sur la moyenne des revenus des gens. »

L’argent est une valeur plus aléatoire que la taille des gens. Du coup, un seul « très riche » va considérablement influer sur la moyenne des revenus des gens.

« Exact ! C’est ça que j’appelle l’Extrêmistan. C’est le monde des grandeurs non physiques, de l’information, du social. Par opposition au Médiocristan, qui est le monde du physique et de la norme. Personne ne va rentrer dans le bus et mesurer plusieurs kilomètres de haut, c’est physiquement impossible !

Tout le monde fait à peu près la même taille, mais par contre, les gens en général ont un revenu normalisé… sauf quelques-uns. Et ces quelques-uns font une énorme différence ! Bill Gates possède plusieurs dizaines de milliards de dollars, et je suis quasiment sûr que rassembler tout ce que possèdent les personnes à côté de nous réunies, même avec notre riche indiscret de l’aéroport, ne suffirait pas à atteindre 0,1% de ce que possède un Bill Gates.

Tu remarques d’ailleurs que c’est pareil pour la vente des livres. Pense par exemple à J.K. Rowling, l’auteur de Harry Potter, qui a vendu ses livres à plus de 400 millions d’exemplaires. On peut dire qu’elle écrase tous les autres auteurs, plus modestes, qui sont déjà très contents si ils atteignent le cap de 10000 exemplaires vendus. C’est ce que j’ai appelé un succès du type « le gagnant rafle tout », typique de l’Extrêmistan, et qui est parfois un peu trop injuste pour les autres. C’est le monde extrême et quasi-illimité du social, de l’information, de l’économie, d’Internet etc. »

L’Extrêmistan, c’est le monde des grandeurs non physiques, de l’information, du social. Par opposition au Médiocristan, qui est le monde du physique et de la norme.

Le bus démarra enfin. Je réfléchissais à toute vitesse sur ce que ma nouvelle connaissance, un mystérieux N.N. qui ne donne apparemment pas son prénom au premier venu, était en train de me dire. Je n’avais jamais vraiment vu les choses de cette manière. D’un côté il y a la norme, où tout le monde est à la même enseigne, même s’il existe de petites variations. Et de l’autre côté il y a l’extrême, où une minorité va considérablement changer la moyenne établie. C’est le monde, parfois injuste, du « gagnant rafle tout » comme il le dit si bien.

L’Extrêmistan, c’est le monde, parfois injuste, du « gagnant rafle tout ».

Je lui demandai :

« Mais il y a des professions qui sont plus soumise que d’autre à ces variations, non ? Ce que je veux dire, c’est qu’être un auteur comme J.K. Rowling permet d’avoir un succès phénoménal si on réussit, et un échec tout aussi phénoménal si elle ne vend aucun livre. Le bouche-à-oreille et la publicité feront que plus les gens aiment, plus ils en parleront à des amis, et plus les leaders d’opinions en parleront à la télévision, ce qui touchera un nombre encore plus élevé de gens et ainsi de suite… le cycle se répète et prend de l’ampleur. Cela créé une réaction en chaîne qui explose, de manière exponentielle en plus. Il n’y a pas de limite physique au nombre de livres qui peuvent être imprimés, c’est facile et économique à faire ! La seule limite dans l’absolu serait le nombre de personnes sur Terre… »

Il prit la relève et poursuivit mon raisonnement :

« C’est ce que l’on appelle une profession scalable, c’est-à-dire sans limite visible. Notre riche auteur de livre n’a eu qu’à écrire un seul livre, tous les autres étaient des copies faciles à produire. Elle en a vendu des centaines de millions, mais elle n’en aurait vendu qu’un seul, le travail pour elle aurait été le même. C’est la même chose pour Bill Gates. Créer le premier Windows lui a fallu des efforts, mais le gain de ces efforts peut être multiplié à l’infini…

C’est ce que l’on appelle une profession scalable, c’est-à-dire sans limite visible.

A l’inverse, une profession non-scalable est limitée. Un boulanger ne peut pas vendre à l’infini, il doit produire au moins un pain par client. Un professeur qui donne des cours à une classe de Terminale S a une profession non-scalable ; mais le même professeur peut donner des cours sur Internet au monde entier et ainsi multiplier les retombées d’un seul de ses cours pratiquement à l’infini… sa profession devient alors scalable grâce au numérique. Je simplifie un peu mais c’est ainsi que le monde d’aujourd’hui fonctionne. »

A l’inverse, une profession non-scalable est limitée.

Je m’interrogeais tout haut :

« Mais une profession scalable est très sujette aux inégalités, le nombre de Bill Gates et de J.K. Rowling n’est pas très grand. »

« Eh oui, l’injustice y est prépondérante. Imagine un jeune artiste de talent qui donne des représentations de piano tous les soirs dans des salles, et qui se fera souffler la vedette par les simples CD d’un pianiste qui est une star auprès de l’opinion publique. Personne ne se déplace voir le jeune novice pour 10€, par contre tous le monde achètera le disque de la « star » pour 15,99€ ! Le monde du scalable c’est l’Extrêmistan, le monde du tout ou rien, du peu de gagnants qui raflent tout, et de l’immense majorité qui n’a rien. Le monde du non-scalable c’est le Médiocristan, le monde de la norme et du limité, mais surtout du moins risqué ! »

Le monde du scalable c’est l’Extrêmistan, le monde du tout ou rien, du peu de gagnants qui raflent tout, et de l’immense majorité qui n’a rien.

On était arrivé. Le bus s’arrêta devant l’hôtel, tout le monde descendit du minibus. Un portier nous ouvrit la porte. Le hall de l’hôtel était splendide !

« Eh bien, je ne regrette pas d’être sans avion ce soir, le cadre est magnifique, et notre discussion fort intéressante ! »

Au moment où je prononçai ces paroles, un des cadres en costard-cravate qui venait de l’aéroport commença à parler très fort, il cria presque. Je vus alors qu’il était sur son téléphone portable. Il sembla abattu par une nouvelle accablante concernant un « coup raté ». Il n’arrêta pas de répéter qu’il a été trop prudent. Trop prudent ?

N.N. me fit sursauter en se mettant à parler subitement juste derrière moi :

« Un coup en bourse qui a raté, je connais bien ce genre de phénomène, j’ai moi-même été trader. Il a dû perdre beaucoup vu l’intensité de ses cris, et je parierai même ma chemise qu’il se croyait totalement à l’abri d’un gros imprévu. Notre pauvre ami a raté son avion et a subit l’attaque d’un Cygne Noir dans la même soirée. »

Je parierai même ma chemise qu’il se croyait totalement à l’abri d’un gros imprévu. Notre pauvre ami a raté son avion et a subit l’attaque d’un Cygne Noir dans la même soirée.

« Un cygne noir ? Qu’est ce que c’est que ça ? »

« Je vais chercher mes clés au comptoir, nous pourrions continuer cette discussion devant un bon repas. Leur restaurant est ouvert ce soir pour les résidents, et je meurs de faim. Rendez vous au buffet à 21h00. »

Il s’éloigna et n’attendit même pas ma réponse. Un cygne noir ? Qu’est ce que ça peut être enfin…

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Business

Ce billet fait partie d’une chaîne de blogs initiée par Laurent Brixius du blog Architecte marketing , qui est passée via Pierre Morsa et Michael de Esprit Riche, pour enfin arriver à Olivier Roland dans son blog Des livres pour changer de vie. Comme Olivier l’a expliqué dans son article, une chaîne de blogs, c’est tout simplement un thème commun que l’on se passe de blog en blog. Olivier m’a proposé de prendre le relai !

C’est un sujet qui tombe bien, car il va me permettre de raconter un peu mon histoire, et les types d’éducation qui ont le plus influencé ma vie. Peut être que cela vous permettra également de prendre du recul sur votre propre parcours… qui sait ?

« Mieux vaut tête bien faite que tête bien pleine. » [Montaigne]

Ma formation initiale est universitaire et scientifique. Cette formation me tient à cœur pour 2 raisons : j’y ai rencontré des enseignants-chercheurs passionnés, et surtout je pouvais apprendre de manière autonome.

Je me suis engagé dans les sciences seulement parce que cela me plaisait, rien de plus. Je ne savais pas quel métier je ferai, mais je savais que ma filière était passionnante, cela me suffisait amplement à l’époque, les détails viendraient après.

C’est dans mes premières années que j’ai eu un enseignant qui était pour moi vraiment hors norme : Henri Broch, professeur de physique et de zététique à Nice-Sophia-Antipolis (il a écrit un livre assez populaire sur l’usage de la raison, avec le prix Nobel de physique Goerges Charpak). Il enseignait avec une grande clarté et beaucoup de pédagogie, mais pas seulement : il nous a formé à l’art d’être sceptique, d’être de véritables scientifiques, dans tous les domaines d’études. J’ai énormément appris grâce à ses méthodes.

« L’école devrait toujours avoir pour but de donner à ses élèves une personnalité harmonieuse, et non de les former en spécialiste. » [Albert Einstein]

Ensuite, j’ai quitté Nice-Sophia-Antipolis pour aller à l’université d’Aix-Marseille, où j’ai travaillé mon mémoire sur la Systémique. La systémique étant, dans les grandes lignes, une méthode de raisonnement qui voit les choses dans leur ensemble. Elle est extrêmement utile pour faire le lien entre les différentes spécialités, ou des domaines d’études a priori dissemblables.

J’ai voulu apporter une pierre nouvelle dans ce champ d’étude, à ma manière et de façon vraiment autonome. On m’avait prévenu qu’essayer d’innover seul dans ce domaine était risqué… J’ai écris mon mémoire. J’ai eu le droit a 45 min de questions après mon examen oral, à la place des 10 min habituelles. J’étais dans l’expectative, pourquoi tant de questions ? Ils étaient intéressés, on m’a félicité pour mes recherches et mon autonomie, le jury a apprécié mon travail à sa juste valeur, bref… j’étais aux anges !

Grâce à ce stage de Master, j’ai pu rencontrer des chercheurs ouverts et très intéressants, qui m’ont permis de sentir ce qu’était la passion de toute une vie : la découverte et le savoir.

« La création d’entreprise est probablement l’une des formes les plus élaborées des dernières grandes aventures modernes. » [Bernard Maître]

Après m’être documenté sur les démarches administratives et techniques, je crée mon entreprise le 1er octobre de l’année 2007 : à partir de maintenant, je travaillerai essentiellement pour des entreprises, surtout des PME et TPE, ainsi que pour certains professionnels ou particuliers. Mon but est d’utiliser mon outil de prédilection, la systémique, et de construire des stratégies élégantes pour mes clients. Je suis donc une sorte de « conseiller » et de « coach » à ma façon.

Pourtant, il y a les débuts. Et là j’ai compris le gouffre qui sépare le monde des études de la vie réelle. A l’université, j’ai appris à faire des CV, des lettres de motivations et tout le « package » habituel… mais je n’ai pas appris  à démarcher, à convaincre, à me vendre réellement. J’ai vite découvert, avec une certaine consternation, qu’une bonne idée est aussi difficile à vendre qu’une mauvaise idée. Un client qui nous voit pour la première fois est méfiant, quoi qu’il arrive. Ah ça oui, le potentiel de mes méthodes leur paraissait intéressant, mais là n’était pas le problème majeur : il fallait que je me vende, moi, qu’ils me fassent confiance. Dans quelques-uns de mes précédents articles, je parle de ce problème du démarchage et du marketing, car c’était au début une source de préoccupation majeure pour moi ! J’étais compétent, mais le vrai défi était de savoir faire « sentir » aux autres ma compétence.

J’y suis arrivé, seul. J’ai réappris, à ma manière, ce vieux cliché : la pratique est une très bonne formation, même si elle est très dure. L’apprentissage est toujours simple, mais n’est jamais facile.

Alors ensuite, il y a les vraies récompenses : vos clients partagent vos ambitions et vos idées, le travail en commun, le fait de redécouvrir les possibilités qu’offre la vie ! Vous ressentez alors une grande fierté : la fierté d’avoir fait face à la réalité du monde.

« Chaque personne que tu rencontres est le résultat d’une expérience. » [Reed Konsler]

Bien sûr, au fil du temps on rencontre des personnes uniques. Michel, conseiller en investissement indépendant, qui m’a beaucoup appris, et sans rien me demander en retour, dans le domaine du conseil professionnel et surtout de la finance (une corde qui manquait à mon arc). Irene, passionnée et professionnelle de l’événementiel, qui m’a permis de faire ma première conférence officielle. Joël, un auteur que j’avais vraiment apprécié, qui m’a offert un de ses livres et qui m’a permis de connaître les subtilités du management et de l’esprit de jeu pour motiver les gens. François, mon grand cousin, qui travaille depuis de nombreuses années dans le coaching au sein des grandes organisations, qui m’a toujours dit à sa manière (subtile) de laisser du temps au temps (et je crois que c’est une leçon très importante). Les nombreux entrepreneurs que j’ai rencontrés dans le cadre de mon travail… et tous les autres !

Il y a aussi mon blog et la magie du « réseau ». L’Internet 2.0 m’a permis de rencontrer des personnes vraiment intéressantes ! Marc Traverson du blog Troisième voie. Gérard Schoun, l’auteur de Tu seras un leader ma fille. Argancel du blog C’éclair et son projet de regroupement des meilleurs blogs de développement personnel francophones. Benoît Ouellet et son blog sur Les harmoniques de le vente. Frederic Canevet du blog Conseils en marketing. Olivier Roland du blog Des livres pour changer de vie. Ah, d’ailleurs Olivier tu vas me permettre de finir cet article sur un point important.

« Un livre, c’est un navire dont il faut libérer les amarres. Un livre, c’est un trésor qu’il faut extirper d’un coffre verrouillé. Un livre, c’est une baguette magique dont tu es le maître si tu en saisis les mots. » [Michel Bouthot]

Ce point est le suivant : les livres. J’ai pris l’habitude de lire beaucoup, et c’est très probablement ma meilleure habitude ! Les livres m’ont apporté énormément de bonnes choses. Notamment ceux qui permettent de développer son savoir personnel et professionnel.

Et à ce propos je vous recommande vivement la visite du blog Des livres pour changer de vie. Olivier a un projet hors du commun : lire 52 des meilleurs livres de Business (ou Personal MBA) en 52 semaines, et faire un résumé par semaine sur son blog ! Olivier est un autodidacte pur et dur et je crois beaucoup en son projet et son ambition. Une ambition que je comprends bien car je la partage au plus profond de moi.

J’essayerai l’année prochaine de participer à son projet un peu à ma manière, en parlant des livres intéressants que j’ai découvert récemment, comme par exemple « Le cygne noir » (un livre passionnant sur l’imprévisible et son exploitation dans la vie quotidienne et professionnelle), ou « L’art d’apprendre » (un livre très original sur l’art de l’apprentissage efficace).

Note: Je dois passer la main à quelqu’un d’autre pour cette chaîne d’articles.  Mais  pour l’instant je ne sais pas encore qui a parlé, ou a déjà l’intention de parler, de la formation ou auto-formation qui a le plus influencé sa vie. Je vais donc tenter de trouver les personnes qui me connaissent , qui n’ont pas déjà écrit cet article, et qui accepteraient de « relever le défi ». Benoît, tu veux écrire à ce sujet ? Argancel, tu acceptes également ?

En attendant, je propose aux lecteurs qui possèdent un blog, s’ils le désirent, de poster un article avec ce sujet, puis de donner un lien vers leur article dans les commentaires. Pour ceux qui n’ont pas de blog, vous pouvez utiliser la boîte des commentaires de cet article pour faire partager à votre façon la formation ou auto-formation qui a eu le plus d’importance dans votre vie. Ça sera à coup sûr très intéressant !

Je vous souhaite à toutes et à tous d’excellentes fêtes de fin d’année !

Alexandre

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