Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘L’école des stratèges’ Category

Mon premier cours de systémique. On m’a bien signifié l’importance de cette partie de ma formation. J’essaye de me concentrer au maximum.

Après sa présentation, mon professeur commença à parler :

« La systémique, c’est l’étude des systèmes. Ce mot, systémique, résonnera dans votre esprit toute votre vie durant. La systémique enseignée ici est une science, car elle est une manière de raisonner. Elle permet ainsi d’agir de manière efficace et sûre.

A présent, commençons par ses règles de bases.

  1. La systémique est une représentation du monde, ou une modélisation diront certains. Elle utilise l’approche scientifique. Elle est rigoureuse. Elle pose des hypothèses, elle teste, elle mesure, elle interprète, elle conclue.
  2. La systémique utilise toujours le concept de processus. Un processus est un évènement définit spatio-temporellement. Le but est de représenter les fonctionnements d’une manière absolument dynamique.
  3. Les processus sont de trois sortes : « C » pour changement, « E » pour espace, « T » pour temps. Un processus T ne change pas d’espace relativement aux autres processus pris en compte, il ne se déplace que dans le temps. Un processus E change d’espace relativement aux autres. Les processus C enfin effectue une transformation, c’est-à-dire que les processus internes, ou « sous-processus », vont changer les uns par rapport aux autres.
  4. La systémique compare les processus entre eux. Cela signifie que si un phénomène ressemble à un autre dans ses causes et ses effets, c’est que les processus sont similaires. Il y a des degrés de similarité, en fonction des éléments communs et différents qui composent les processus.
  5. Les processus qui composent le système sont des boîtes noires. On ne sait jamais exactement ce qui se passe à l’intérieur, car parfois est inutile de chercher à l’intérieur. Car l’énergie dépensée à analyser l’intérieur d’une boîte noire peut être supérieure à l’énergie gagnée par l’apport de cette analyse.

Voilà les 5 premiers points.

Maintenant je vous laisse quelques minutes pour réfléchir aux implications de ces points. Allez-y. »

Il a été un peu vite je trouve. Je profite de ces minutes accordées pour me concentrer sur mes notes et raisonner.

– Le premier point tout d’abord. La représentation et l’approche scientifique, ça me paraît parfaitement logique. Si dans cette école ils construisent des stratégies, je suppose que toutes leurs stratégies s’appuient sur une représentation du monde. Et plus cette représentation s’appuie sur des connaissances solides, plus elle sera utile.

– Bon d’accord, maintenant le deuxième point. Un processus, des causes et des conséquences, des entrées et des sorties, ça me rappelle quelque chose. Et tout ce qui est défini scientifiquement est défini dans l’espace et le temps. Les quatre dimensions, trois spatiales et une temporelle, ça me paraît logique également.

– Les processus en question sont identifiés en trois catégories. Certainement pour pouvoir leur accorder un rôle dans le système global. Des processus constants, avec du temps et de l’espace. Des stocks et du déplacement je suppose. Et un troisième processus de changement, ou de transformation.

– Il a dit de comparer les processus entre eux, de voir les similarités et les différences. Hum, les similarités…on m’a dit que c’était ce qui donnait à la systémique sa grande souplesse, car elle peut transposer des connaissances d’un domaine à un autre, une pluridisciplinarité en fait. Ensuite elle identifie les différences. C’est également important pour ne pas appliquer ces connaissances sans les modifier pour les besoins d’un système spécifique.

– Enfin, cette histoire de boîte noire. Cela vient des sciences cybernétiques peut être. On ne doit pas extrapoler ce qu’il y a dans un processus. Un médecin doit guérir un patient. Selon les circonstances, il doit regarder ou non plus en détail. Plus de détails nécessite plus d’énergie pour identifier ces détails, donc il y a moins d’énergie pour identifier les processus extérieur. Mais je n’ai pas eu le temps de finir ce raisonnement…

« Alors, j’aimerais que l’on parle en précisément de ces premiers concepts, reprit le professeur. Je sais que ce n’est pas évident, mais vous êtes ici pour vous instruire, réfléchir, intégrer de nouvelles données et transformer votre esprit. Rappelez-vous, vous irez loin uniquement si vous n’abandonnez pas devant les difficultés. »

Publicités

Read Full Post »

C’était un homme impressionnant. John, c’est ainsi qu’il se nommait, était en train de nous enseigner un point capital. Ou, je dirais plutôt, ce qui était d’après lui LE point capital de la réussite auprès des hommes : le leadership.

Nous étions en petit comité : 9. Pas un de plus accepté. Pourquoi ce tri ? En fait je ne me suis pas posé la question très longtemps : je m’en moquais à cet instant, j’étais content et fier d’être là. Et dès ses premières paroles ses ambitions pour nous étaient parfaitement claires : il voulait élever notre influence, créer des leaders digne de ce nom. Rien que ça !

« Un leader sait mener et diriger. Savez-vous réellement mener et diriger, nous demanda-t-il ? Un leader sait où il va et où il mène les autres. Savez vous où vous allez vous-même ? Peu de gens savent réellement le faire. Certains ont le goût du pouvoir, uniquement, alors ils dirigent et mènent les autres. Mais vers où ? D’autres savent ce qu’il faut atteindre comme but, comme finalité. Mais ils sont incapables de mener les hommes vers ce but. Ils sont seuls et ne font que se promener. Alors, quelles sont les qualités d’un leader ? Notez bien les quelques attitudes que je vais citer, elles sont révélatrices :

  • Un leader initie. Un suiveur réagit.
  • Un leader dirige, établit des contacts. Un suiveur écoute et attend qu’on le contacte.
  • Un leader élabore des stratégies, et anticipe. Un suiveur passe son temps à vivre au jour le jour en réagissant aux problèmes.
  • Un leader investit du temps avec les autres. Un suiveur passe du temps avec les autres.
  • Un leader gère son temps suivant les priorités. Un suiveur gère son temps suivant les demandes. »

Je me mis à rêvasser quelques instants. En fait, ce dernier point me dit quelque chose. Ah oui. Un auteur assez hors norme, Tim Ferriss, qui a écrit « La semaine de quatre heures ». L’auteur, lassé de devoir effectuer des tonnes tâches inutiles et contre-productives, a décidé de faire un tri draconien dans ce qu’il effectuerai. Il a démultiplié son efficacité, et surtout sa santé mentale ! Décidément cet auteur me fait beaucoup penser à Ernie Zelinski, qui a décrit l’art du créatif efficace et…paresseux. Inhabituel, intrigant, et instructif. Quelles sont les priorités ? Qu’est ce qui est important ? Qu’est ce qui est urgent ? Et surtout, qu’est ce qui est important ET urgent ?

John continua de parler :

« L’autodiscipline est une qualité importante du leader. Sans discipline, le talent ne sert à rien. L’auteur H. Jackson Brown fils avait dit en plaisantant : « Le talent sans discipline est comme une pieuvre sur des patins à roulette. Il y a beaucoup de mouvement, et vous ne savez jamais si elle va en avant, en arrière ou de côté. » Vous devez savoir vers où vous allez, et comment vous allez vous y prendre. C’est l’art de la stratégie d’action, vous connaissez ça par cœur.

Vous devez avoir une vision à communiquer. En fait, tout le monde parle de vision en entreprises de nos jours, à croire que l’ophtalmologie est l’étude préférée des managers. Mais réfléchissez attentivement, le concept de vision existe déjà depuis des millénaires. C’est le point de mire de toute motivation humaine : la finalité, grande, impressionnante, créatrice. Les religions elles mêmes s’appuient sur une vision, une finalité. Le leader doit avoir une vision à communiquer. Sa vision est de grande portée, s’étend sur le long terme, et ajoute une véritable valeur au monde. Elle va au-delà des simples préoccupations personnelles. Elle inclue tout, et tout le monde. Elle est grande, imposante d’évidence. Et par-dessus tout : elle doit motiver, toujours motiver.

Vous devez inspirer confiance aux autres. Votre vision éveille l’intérêt des autres, et la confiance que vous leur inspirez leur permet de vous suivre. Un leader dois avoir trois qualités essentielles pour créer la confiance : la compétence, l’écoute, et la force de caractère. La force de caractère communique des messages importants : l’uniformité de conduite, le potentiel, et le respect.

Conférez aux autres des pouvoirs, à la mesure de leur potentiel.

  1. Evaluez-les. Evaluez leur désir, leurs connaissances et leur habileté.
  2. Servez-leur de modèle. Les personnes à qui vous voulez conférer des pouvoirs doivent voir ce que signifie voler de ses propres ailes. Vous êtes un mentor pour eux, et vous devez enseigner.
  3. Donnez-leur la possibilité, et la permission de réussir. En vous attendant à la réussite et en verbalisant vos attentes.
  4. Transférez-leur votre autorité. Et c’est bien plus que déléguer des tâches je précise ! Ils doivent obtenir du pouvoir grâce à vous.
  5. Montrez publiquement la confiance que vous avez en eux.
  6. Donnez-leur une rétroaction. Je veux dire par là que vous devez les rencontrer en privé pour leur signaler leurs fautes et leurs erreurs de jugement. Et applaudissez chaque progrès qu’ils font, les gens font ce qui leur attire des éloges.
  7. Libérez-les pour qu’ils continuent seuls. Dès qu’ils sont prêts, donnez-leur le plus possible de liberté, d’autorité et de responsabilité. »

Il va vite, mais il a certainement beaucoup à dire. Je regarde mes notes pour avoir une vision plus claire de tout ce qu’il voulait communiquer. Cela fait à peine un demi heure que John parle. Et il faut absolument que je j’intègre le plus de choses pour progresser dans mon propre leadership. Voici les points importants que j’ai notés :

  • Suivre une vision et entraîner les autres avec soi.
  • Produire un message durable.
  • Etre discipliné pour améliorer continuellement son caractère et ses résultats.
  • Créer une base solide de confiance.
  • Renforcer la loyauté de ses collaborateurs.
  • Dynamiser les autres en étant un mentor de qualité.
  • Savoir donner du pouvoir aux autres, les rendre grands.

John donna dans l’heure et demie qui suivit un tas d’anecdotes et d’exemples de leaders. Il nous donna une foule des détails sur les attitudes qui les caractérisent. Il nous parla de sa propre vision, de ses expériences. Tous ces récits étaient comme un subtil mélange de comportement humain, chaud et vivant, et de froid fonctionnement économique et social. Il nous expliqua comment comprendre simplement les attitudes des gens, en utilisant un raisonnement complexe. Un raisonnement systémique en fait, expliqué à sa façon…

John finit de cette façon. « Il y a un dernier point important, annonça-t-il avec gravité. Un point tellement nécessaire, et pourtant cruellement oublié. Un leader digne de ce nom met toute une vie à se perfectionner, à obtenir de l’influence pour changer le monde qui l’entoure. Mais il doit prévoir sa sortie de scène. Il ne va pas exister éternellement. Eh oui, malheureusement tout a une fin, même vous. Vous devez donc former des successeurs, qui prendront la relève et continueront votre projet. Eux-mêmes s’amélioreront continuellement et formeront des successeurs. Ainsi votre vision deviendra atteindra réellement la grandeur. »

Il y avait de quoi réfléchir. Une vision qui s’étendrait sur plusieurs générations ? Ça, on peut dire que c’est de la vision à long terme, ou je ne m’y connais pas. Mais je comprends très bien où il veut en venir. Pratiquement tout les anciens de cette école m’ont parlé de cette notion de constante amélioration. Le mot kaisen en japonais traduit cette notion de croissance constante de la qualité. Une notion qui a abouti à un succès économique impressionnant. La qualité de vie rentre aussi dans l’objectif d’une constante amélioration.

Je pense que John veut aussi faire passer ce message. Le progrès constant, c’est la vision d’un vrai leader. C’est une finalité à long terme. Le leader voit sur des centaines d’années, voir plus. Il trouve le moyen de construire une tour vers ce rêve. Le leader partage ce rêve et motive les autre à l’aider à construire la tour. Ensemble, ils n’auront peut être que le temps de construire les fondations, mais ils profiteront tous d’une hauteur toujours plus grande. Ils s’élèveront, profiteront d’une vie grandie. Et après eux d’autres continueront leur ouvrage.

Sources :

  • John C. Maxwell, « Leadership 101, principes de base, ce que tout leader devrait savoir », Un monde différent

Read Full Post »

– Professeur : Vous désirez une voiture haut de gamme ? Vous voulez acheter un modèle BMW ou un modèle Mercedes ? Vous hésitez. Vous ouvrez un magazine et découvrez cette publicité qui tombe juste au bon moment :

« BMW ou Mercedes ? Il y a de nombreuses raisons de choisir une BMW. Pouvez-vous en donner dix ? »

Lors d’une étude menée par Michaela Wänke et son équipe, cette publicité a été montrée a des étudiants en économie. A un autre groupe d’étudiants de la même université, on a montré une publicité très légèrement différente :

« BMW ou Mercedes? Il y a de nombreuses raisons de choisir une BMW. Pouvez-vous en donner une ? » (L’accent est mis sur le dernier mot).

Ensuite, on a demandé aux étudiants de donner leur avis sur les deux marques. On leur a demandé également de dire quelle marque de voiture ils seraient prêts à acheter plus tard. Le résultat est net :

    Pour ceux qui ont vu la première publicité (avec les dix raisons à donner) ils préféraient la marque Mercedes à BMW (contrairement au but de la pub).

    Pour ceux qui ont vu la seconde publicité, leur préférence allait à BMW plutôt qu’a Mercedes.

Qu’est ce que cette étude vous inspire comme réflexion ?

– Émilie : Les gens ont été plus influencé par la pub dans laquelle on ne leur demandait de réfléchir qu’a un seul argument au lieu de dix.

– Professeur : Oui et, à votre avis, pourquoi ce phénomène s’est produit ?

– Jérôme : Je sais, les personnes n’aiment pas réfléchir ! (Rires étouffés dans la salle)

– Professeur : Bien Jérôme, ce n’est pas exactement ça, mais tu n’est pas très loin. En fait, les psychologues parlent d’aisance pour qualifier ce phénomène : plus une tâche est simple à effectuer, plus le jugement sera positif.

Trouver un seul argument est simple, cela suffira à convaincre la personne qui l’a trouvé que BMW est meilleur. D’autant plus que, comme c’est lui qui a trouvé l’argument, il ne peut être que convaincant !

Maintenant si on nous demande de donner dix arguments différents en faveur de BMW, cela devient très difficile, surtout quand on ne connaît pas bien les caractéristiques de la marque. La tâche devient réellement ardue, et anti-publicitaire. Non seulement nous ne sommes pas convaincus car nous ne voyons pas tous ces aspects positifs, mais en plus nous sommes frustrés de ne pas pouvoir réaliser cette tâche.

Pouvez-vous aller plus loin dans ce raisonnement ?

– Alexandre : Les gens aiment quand ils peuvent s’imaginer facilement dans une situation agréable, leur jugement et également plus positif. Expliquer à un client comment il peut devenir propriétaire et baisser ses impôts en utilisant à son avantage les lois fiscales n’est pas une tâche facile ! Par contre ça sera plus facile dans une situation différente : je décris à un client de quelle manière il va passer des vacances de rêves sur une île paradisiaque avec sa famille, où il entendra la bruit des vagues qui s’abattent sur une plage de sable fin, sentira l’odeur des embruns, se détendra au soleil des tropiques et à l’ombre des palmiers… tout ceci grâce à une augmentation importantes des bénéfices de sa propre entreprise.

– Professeur : Oui, c’est le même phénomène Alexandre. Les situations complexes doivent être rendues concrètes pour des clients, ou même les membres de votre famille si vous voulez les séduire par les joies des vacances à la montagne…

Restez toujours simples et concrets face à vos interlocuteurs, c’est capital.

– Jérôme : S’il vous plaît, j’aimerai vous poser une question concernant la difficulté d’une tâche. Ne pourrait-on pas demander à des clients de donner un grand nombre d’arguments en faveur des produits et des services d’un concurrent ? De cette façon la faveur des clients n’ira pas à ces concurrents et il nous suffira de demander ensuite au client une seule bonne raison de travailler avec nous.

– Professeur : Ah, Jérôme, je te reconnaît bien là ! Tu as donc si peut confiance en tes propres capacités que tu veux éliminer tes concurrents ? (Rires collectifs)

En fait la technique d’élimination que tu décris est déjà utilisée par certains professionnels du commerce et de la pub. Ce n’est donc pas original, dommage pour toi.

– Alexandre : En fait Jérôme a toujours eu certains instincts de guerrier ! Mais rappelles-toi ce dont nous avons parlé lors de notre partie d’échec ce matin, le but est d’attraper le roi, pas d’éliminer toutes les autres pièces ! Tu as perdu la partie à cause de ton instinct guerrier (sourire).

– Professeur : Belle métaphore du jeu d’échec Alexandre. Bien que je sache pertinemment que ton instinct de conquête est aussi bel et bien présent, sauf que tu sais mieux le gérer que ton collègue. Certainement depuis tes épreuves de stratégie de l’année dernière.

– Alexandre : Ou aussi lors de notre étonnante partie de « jeu de go »…

– Professeur (en souriant) : Bon à présent continuons notre apprentissage.

Sources :

  • N.J. Goldstein, S.J. Martin, R. B. Cialdini, « Yes ! Devenez un as de la persuasion », L’entreprise

Read Full Post »

Je me suis toujours demandé ce qui faisait agir les gens. Je suis en train de m’entretenir avec un de mes professeurs, spécialisé dans les comportements humains.

Professeur: Tu vois Alexandre, cette question là, ce qui fait agir les êtres humains, c’est le « graal » de tout communicant, vendeur, négociateur, leader, politicien, mari, femme, enfant…

Alexandre: Hum, je pense que c’est avant tout une information capitale dans les relations humaines.

Professeur: Capitale? Hahaha, oh non elle n’est pas capitale! Elle est absolument indispensable! Tu n’arrivera jamais à grand chose dans la vie sans avoir cela en tête Alexandre. Je me suis souvent demandé comment les gens arrivaient à vivre sans cet automatisme. On est tous bien peu instruit de ce côté là je te l’assure. Heureusement que que tu es inscrit à cette école pas vrai?

Alexandre: Heu, tu viens de parler d’automatisme, à quoi tu faisais allusion?

Professeur: La compréhension de l’esprit humain bien entendu! Regardes.

Il prit un papier, et griffonna un schéma tout en m’expliquant ce qui suit.

Tu vois, ça c’est le cerveau humain. Tout devant nous avons le cortex pré-frontal, siège du raisonnement, et qui joue peut être un rôle important dans ce que nous identifions comme la « conscience ». Le reste du cerveau est composé de parties spécialisées, qui communiquent sans cesse les unes avec les autres mais de façon « inconsciente ».

Pour simplifier toute cette structure complexe, il y a 2 processus qui fonctionnent ensembles. Un que l’on appelle l’inconscient, et l’autre le conscient. Mais ces parties ne sont pas réellement isolées l’une de l’autre, elles travaillent en coopération.

Tout ce qui est inconscient est déjà automatique, ancré dans le comportement d’une personne. Elle n’y pense pas, elle le fait c’est tout.

Tout ce qui est conscient par contre est une simulation mentale, une réflexion. Le conscient s’active quand il n’existe pas de processus inconscient capable de répondre au problème précis qui se pose. Alors écoute bien ceci, c’est important: le conscient sert à faire des expériences non vécues, simulées, afin de créer un nouveau processus automatique chez l’individu. Et comment ce qui est imaginé deviendra automatique? En ressentant du plaisir Alexandre, du plaisir! Voilà une des clés élémentaire de l’esprit humain: en ressentant du plaisir ce qui est imaginé par le conscient deviendra automatique, et sera ancré dans l’inconscient.

Alexandre: Si je comprend bien, nous avons tous un programme appelé le « conscient », qui sert à créer des nouveaux automatismes grâce au raisonnement, validé par la sensation de plaisir, et une autre partie qui s’appelle « l’inconscient », qui correspond à tous ces automatismes. Et pour que quelqu’un fasse quelque chose, il faut que cela passe dans la partie inconsciente. C’est cela?

Professeur: Exactement. Tu imagines un scénario, par exemple tu t’imagines rencontrer un chef d’entreprise pour lui proposer tes services de conseils, et tu fait un calcul probable, une simulation mentale. Tu te vois rejeté par le chef d’entreprise car tu t’imagine hésitant et peu convainquant dans tes arguments et tes questions. Dans ce cas là, tu aura une sensation de déplaisir, et tu n’ira pas voir le chef d’entreprise en question. Le comportement imaginé n’aura pas été validé par la sensation de plaisir et ne deviendra pas opérationnel.

Mais alors, tu ne pourra pas abandonner comme ça, tu vas automatiquement chercher une solution. Ton esprit conscient va s’imaginer, t’imaginer, en train de travailler tes arguments, ta posture, ta confiance en toi, pendant une journée. Et tu vas ensuite t’imaginer le lendemain: tu te vois plus convainquant et tu imagines le chef d’entreprise très stimulé par les perspectives que tu lui annonces. Tu vas ressentir du plaisir en imaginant cela, et donc le comportement imaginé va devenir automatique, réel: tu vas te mettre à travailler ton pouvoir de conviction chez toi et tu vas aller voir ton chef d’entreprise avec confiance.

Alexandre: Je vois! C’est de là que proviennent toutes les méthodes de motivation en faisant travailler correctement l’imagination.

Donc pour que quelqu’un agisse, soit il faut déclencher ses automatismes déjà existants, soit il faut en créer un grâce a ses simulations mentales conscientes, et la valider avec une sensation de plaisir.

Professeur: Oui, la sensation de plaisir, un mécanisme hormonal, va renforcer un réseau neuronal créé artificiellement par l’esprit conscient. Mais l’esprit conscient se sert de ses croyances, de son savoir existant et donc de tout ce qui est déjà automatique, pour créer une nouvelle combinaison. C’est le mécanisme de plasticité neuronale, en association avec tes apprentissages antérieurs. Au lieu de tout expérimenter, le conscient sert à imaginer les expériences sans avoir à les vivres.

Alexandre: Et qu’est-ce-qui fait plaisir au gens? Pourquoi ce qui est imaginé par le conscient est validé par le plaisir?

Professeur: Parce que le conscient doit imaginer des choses utiles pour l’individu. Imaginer, calculer, ce n’est pas un luxe, tout doit être utile. Et ce qui est validé par le plaisir doit être jugé efficace pour l’individu.

Les choses qui donnent du plaisir sont celles qui ont permis l’existence de tes ancêtres biologiques, et de toi même!

Ce qui donne du plaisir, c’est tout ce qui correspond: aux besoins physiologiques (manger, boire, relations sexuelles, confort, sécurité, faire de l’exercice…), aux besoins de liens sociaux (avoir des relations saines est toujours intéressant pour l’individu car il peut y avoir complémentarité des compétences), au besoin de maîtrise de l’environnement (avoir un contrôle sur son environnement donne toujours du plaisir, que ce soit en obtenant des informations ou en manipulant des objets ou même en dirigeant des personnes), au besoin de croissance, de faire toujours mieux, de se dépasser (un mécanisme complexe qui repose sûrement sur le social, c’est à dire faire mieux que les autres pour être précieux, et également sur le besoin de faire toujours plus avec moins, car l’esprit humain aime la puissance, la maîtrise et la facilité).

Il y a beaucoup de recoupements entre ces catégories, n’oublies pas la devise de la systémique: tout prend un sens dans le complexe. Car toutes ces notions forment un seul et même complexe: le système cognitif des gens.

Alexandre: Donc le plaisir est quelque chose d’assez universel. En connaissant les priorité de chacun, nous pouvons savoir ce qui lui fait plaisir, et le comportement qu’il est capable d’avoir.

Professeur: Le chef d’entreprise dont on parlait tout à l’heure possède des désirs. De la même façon que tu as imaginé ton comportement avec lui, et que celui qui t’a fait plaisir a été validé, son esprit fonctionnera de la même manière. Tu dois lui parler de ce qui l’intéresse si tu veux qu’il agisse. Tu dois lui parler d’argent, car en tant que chef d’entreprise il y a des chances que ça l’intéresse. N’oublies pas que l’argent est un moyen d’accéder aux plaisirs dont j’ai parlé plus haut: tu peux te nourrir, te loger, donner aux autres, avoir plus d’influence, acheter des informations et du savoir-faire, avoir plus de temps pour toi etc.

Alexandre: Les gens qui travaillent pour de l’argent n’ont pas vraiment de temps pour eux habituellement. Mais je suppose qu’ils ont mal équilibré leur stratégies. Ils ont mal imaginé le comportement à avoir avec leur esprit conscient et ont mal évalué tout ce qui était le plus important pour eux. Je pense que si j’allais voir ce chef d’entreprise, je lui dirai comment il pourrait gagner plus d’argent en faisant moins, et en ayant plus de temps pour lui, sa famille et pour sa croissance personnelle. Et surtout, je lui ferais imaginer cette perspective de manière claire, précise et vivante, pour que son esprit conscient l’amène à la sensation de plaisir de vivre cette réalité.

Professeur: Oui, oui c’est ça! C’est exactement ce qu’il faut faire! Sers-toi de ces connaissances Alexandre, maintenant le monde t’attend.

Read Full Post »

015.gif

Voici un cours sur le raisonnement scientifique et sur la gestion de la pensée systémique. Nous pouvons intégrer une vérité importante grâce à des notions simples et universelles. Avec une utilité indéniable pour chacun d’ailleurs: si nous voulons que notre vie change, il faut changer les choses, ou bien attendre et espérer qu’elles changent par elles mêmes. Dans le premier cas nous agissons pour atteindre un but, dans le deuxième cas nous ne pouvons que suivre le courant et espérer arriver quelque part… Réellement maîtriser sa vie, agir avec discernement: une sagesse qui n’admet aucune paresse de notre part.


Le lien de cause à effet, c’est la base même de la connaissance et de la réussite humaine. C’est la base absolue du raisonnement scientifique et de la pensée systémique, ou pensée complexe.

Voici les notions qui seront toujours vraies, quelle que soit la situation étudiée:

  • Une même cause produit toujours le même effet: « A produit X »

  • Par contre, un même effet peut être produit par des causes différentes: « A produit X » ou « B produit X »

  • Une cause peut donner plusieurs effets, qui sont toujours les mêmes: « A produit X+Y+Z »

  • Un effet peut être produit par plusieurs causes, qui sont toujours les mêmes: « A+B+C produit X »

Ceci implique les idées suivantes:

  1. Si vous faites toujours la mêmes chose dans le même contexte, vous obtiendrez toujours le même résultat.

  2. Vous pouvez obtenir un résultat précis de plusieurs manières différentes.

Agir sur les causes pour changer les effets est la seule façon d’effectuer une stratégie. Mais elle demande un esprit curieux car il faut: d’abord identifier les causes ; ensuite connaître les causes sur lesquelles il est impossible d’agir ; enfin agir sur les causes qui sont les plus accessibles à la manipulation.

En étudiant ce cours sur la stratégie systémique, je me suis souvenu d’une citation qui m’avais marqué par sa pertinence, car elle met bien relief le rôle de l’esprit humain dans la maîtrise de son environnement:

« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. » (Marc-Aurèle)

Read Full Post »

015.gif

– J’aimerais vous parler de quelque chose d’essentiel, à tous.

J’avais rarement vu mon professeur aussi pensif, il levait les yeux au ciel et semblait véritablement pris par sa réflexion. Puis il nous a tous regardé avec une détermination dont je me souviendrai toujours, il nous a alors dit ceci:

– Visez toujours le meilleur, toujours, quoi qu’il arrive.

Fuyez la médiocrité comme la peste et admirez ce qu’il y a de plus beau et de plus élevé dans notre monde.

Admirez les valeurs des plus grands, le courage des plus démunis et la simplicité des plus sincères. Prenez tout ce que vous y verrez et faites-en vos qualités personnelles.

Il y a tant de personnes exceptionnelles dans ce monde, qui possèdent des valeurs admirables, un courage sans limite et une simplicité qui leur ouvre les portes du vrai savoir. Soyez admiratifs de ces gens qui vous semblent hors d’atteinte, et vous donnent le vertige.

Ressentez pleinement cette sensation d’être incomplet, vide et inférieur. Oui sentez-vous véritablement inférieur et incomplet, car c’est ce qui vous poussera à évoluer toujours plus. Admirez les grands, étudiez leurs façon de faire, de penser, de voir leur monde. Et faites de leurs qualités les vôtres, à jamais.

Vous serez alors vous-même quelqu’un d’exceptionnel sur notre Terre, une personne qui changera les pensées, améliorera les vies, et fera évoluer ce monde.

Surtout, fuyez la médiocrité, fuyez tous les présupposés, les gens qui se complaisent à rabaisser les autres pour se sentir importants. Fuyez cette sensation agréable mais destructrice, de voir qu’il y a pire que vous et que vous êtes quelqu’un de bien. Il y a toujours pire que tout le monde, ce ne sont pas des exemples pour vous. Vous serez quelqu’un de bien si vous évoluez vers le sommet constamment, jamais d’une autre façon.

Ne regardez jamais en bas mais toujours en haut, car c’est là que vous allez, c’est vers ce but que vous devez vous diriger toute votre vie. Alors ressentez cette émotion, d’être incomplet et de ne pas avoir atteint le sommet, et soyez en heureux, véritablement heureux, car vous vous y dirigez avec des efforts continuels.

Vous progressez toujours et vous le devez à votre volonté, votre aptitude à vous perfectionner, à apprendre, à enseigner, et à vous sentir bien faibles parfois.

Toujours aller de l’avant et devenir grand, quoi qu’il arrive, vaille que vaille, coûte que coûte, telle est votre voie.

J’étais plutôt pensif moi aussi.

– Alexandre? Tu viens? A quoi tu penses? Le cours et fini.

– J’arrive, je vous rejoins dans une minute.

Ce n’était pas un moment comme les autres, maintenant je voyais à quoi ressemblerait mon avenir. Ce ne sera pas facile mais que j’y arriverai, j’évoluerai constamment et j’y travaillerai sans relâche. Je serai heureux, car ce sera ma voie, quoi qu’il arrive, vaille que vaille, coûte que coûte…

Read Full Post »

015.gif

« – Il existe une approche assez surprenante pour ceux qui ne la connaissent pas. Il s’agit d’une approche qui permet d’aborder avec une seule et même science les comportements humains, l’entreprise, l’économie, les écosystèmes ou encore les organismes biologiques et les cellules, entre beaucoup d’autres. Elle permet d’organiser les connaissances et d’être efficace dans la concrétisation de ses projets. »

« – Je vous souhaite la bienvenue à vous toutes et à vous tous.
Vous êtes réunis ici dans cette formation pour étudier cette science, appelée couramment l’approche systémique. Le terme de stratégie systémique sera employé ensuite plus loin dans votre enseignement, car cette dernière méthode utilise une version poussée de l’approche systémique opérationnelle, reposant sur la notion de processus en interaction, appelés Processus CET ou encore Processeurs CET. Nous verrons tous ses apports particulièrement intéressants dans la suite votre formation. »

« – D’après la définition la plus courante, un système est un ensemble d’éléments en interaction. Mais cette définition est malheureusement trop générale pour évoquer quelque chose d’utile. Ce qui traduit bien la difficulté que l’on a d’encadrer la systémique dans une définition basique, car elle est avant tout une méthode adaptable aux différents contextes que l’on veut étudier.

Pour information, voici les autres définitions qui sont utilisées:

-Pour de Saussure, un système est « une totalité organisée, faite d’éléments solidaires ne pouvant être définis que les uns par rapport aux autres en fonction de leur place dans cette totalité« .
-Pour Von Bertalanffy, c’est « un ensemble d’unité en interactions mutuelles. »
-Pour J. Ladrière, c’est « un objet complexe, formé de composants distincts reliés entre eux par un certain nombre de relations. »
-Pour E. Morin, c’est « une unité globale organisée d’interrelations entre éléments, actions ou individus. »

Je me suis alors demandé si il pouvait exister un élément qui n’appartenait pas à la science des systèmes. Et là, comme pour me répondre, le professeur a ajouté: « Seul un élément totalement isolé n’aurait pas besoin d’être étudié avec la systémique, mais retenez bien ceci: cela n’arrivera jamais. Et pourquoi me diriez vous? Réfléchissez, et donnez moi les réponses qui vous paraissent censées. »
J’ai donc pris une minute pour raisonner un peu, et deux réponses me sont venues à l’esprit, et je dois vous avouer que j’étais plutôt fier de ma seconde idée. J’ai alors répondu:
« Premièrement voir un élément, une action ou un individu totalement isolé est une vue de l’esprit, elle permet de simplifier leur étude, mais il ne faut jamais oublier que ce n’est qu’une simplification en décalage avec la réalité. Deuxièmement je pense qu’étudier un élément, une action ou un individu est déjà une interaction avec lui ou elle, qu’il faut prendre en compte de manière systémique. C’est ce que l’on pourrait appeler le rôle de l’observateur en science pure, ou le rôle que l’on a par exemple lorsque l’on pose une question à quelqu’un, on influence sa réponse car notre communication ne peut pas avoir un effet neutre sur cet individu. »

« – En effet, l’école de Palo Alto a souligné ce phénomène en psychologie et en communication. Elle utilisait très essentiellement la systémique.
Les deux réponses que vous avez donnés sont exactes et vont nous permettre de rentrer dans le vif du sujet, euh…Monsieur, vous vous appelez? »

« – Delivré, Alexandre Delivré. »

Read Full Post »

« Newer Posts