Citations et stratégies de Sun Tzu, L’Art de la Guerre
mars 31, 2008 par Alexandre Delivré
Je vous ai déjà mis en ligne un livre que j’apprécie particulièrement: L’Art De La Guerre, de Sun Tzu.
C’est pour moi un traité de stratégie passionnant, dans le sens où il enseigne une certaine sagesse, dans la compréhension des phénomènes, leur acceptation et leur utilisation judicieuse.
Tout le monde n’a pas le courage ni l’envie de le lire. Pourtant il est utilisé depuis longtemps comme inspiration dans les stratégies de l’approche du conflit, du monde des affaires ou de la vie quotidienne.
Je vous donne donc des extraits que je trouve intéressants, avec quelques explications si nécessaire. A vous de replacer ces citations dans le cadre de vos contextes, et de vos propres stratégies!
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« Le général représente la sagesse, la sincérité, le courage et la rigueur. »: Les qualités d’un leader sont les principales clés d’une victoire stratégique.
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« Quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement. Quand vous êtes loin, feignez la proximité. »: Envers un ennemi, il faut savoir se rendre indiscernable dans ses hauts projets, invisible dans ses actions, et capable de leurrer.
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« Pour le bon stratège, l’essentiel est dans la victoire, non pas dans les opérations prolongées. »: La victoires s’obtient surtout grâce à une stratégie globale et une vision large. Agir sans discernement par amour du conflit vous éloigne de votre objectif essentiel, à long terme.
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« Remporter cent victoires après cent batailles n’est pas le plus habile. Le plus habile consiste à vaincre sans combat. »: Un bon stratège est un conquérant qui ne détruit pas, il laisse l’adversaire intact en le transformant légèrement.
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« Qui connaît l’autre et se connaît lui-même, peut livrer cent batailles sans jamais être en péril. Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite. Qui ne connaît ni l’autre ni lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles. »: Le stratège connaît l’environnement, l’autre ainsi que lui-même. La connaissance et son utilisation mène à une victoire quasi assurée.
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« Jadis, les guerriers habiles commençaient par se rendre invincibles, puis attendaient le moment où l’ennemi serait vulnérable. L’invincibilité réside en soi-même. La vulnérabilité réside en l’ennemi. »: Quelqu’un d’habile se rendra invincible et attendra que ses obstacles soient vulnérables. Ainsi son habileté consistera à reconnaître ce moment et à avoir beaucoup de timing.
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« Une armée victorieuse l’est avant même de livrer bataille. Une armée vaincue se lance d’abord dans la bataille et ensuite recherche la victoire. »: C’est le principe phare de la stratégie, elle se prépare. La réflexion, même très rapide, est le premier réflexe à avoir quand on veut atteindre un objectif de façon stratégique.
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« Celui qui pousse l’ennemi à se déplacer, en lui faisant miroiter une opportunité s’assure la supériorité. »: Il faut restreindre la liberté d’action de l’ennemi pour l’amener là où vous voulez qu’il aille.
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« Ainsi, le bon stratège contraint l’ennemi et ne se laisse pas contraindre par lui. »
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« Pour parcourir mille lis en toute quiétude, traversez des régions inhabitées. »: Les domaines (comme des secteurs de marché, des clients, des domaines de compétences etc.) non contrôlés ou non maîtrisés par vos opposants sont ceux dans lesquels vous serez le plus libre de vos actions.
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« Le bon stratège est si subtil qu’il n’a plus de forme visible. Le bon stratège est si discret qu’il en est inaudible. Ainsi il se rend maître du destin de l’ennemi. »: Il faut être insaisissable et retenir le plus d’informations, ou en donner des inexploitables.
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« Pour avancer irrésistiblement, attaquez les points faibles de l’ennemi. Pour battre en retraite sans être rattrapé, soyez plus rapide que votre ennemi. »: Attaquez les points non gardés ou de moindre résistance de votre opposant. De même, lors d’une retraite (qui doit toujours être stratégique) mettez-vous hors de portée de votre opposant, dans des lieux ou des domaines qu’il ne contrôle pas, qu’il ne connaît pas.
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« Ainsi, le bon stratège manipule l’ennemi tout en cachant ses propres intentions. »
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« Ne répétez pas les mêmes tactiques victorieuses, mais adaptez-vous aux circonstances chaque fois particulières. »: C’est la logique de la stratégie systémique, toujours adapter ses stratégies et ses tactiques grâce à la connaissance des circonstances d’une situation. Faire autrement serait nier la complexité des processus.
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« Celui qui est capable de remporter la victoire en s’adaptant à la situation de l’ennemi est qualifié de génie. »: La victoire provient de l’adaptation aux circonstances, aux différents aspects qui se présentent. Tout événement est pour le stratège une excellente occasion de l’utiliser à son avantage.
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« Le général court cinq dangers: Téméraire, il risque d’être tué. Lâche, il risque d’être capturé. Coléreux, il risque de se laisser emporter. Chatouilleux sur l’honneur, il risque d’être humilié. Compatissant, il risque d’être tourmenté. »: Les qualités poussées à l’extrême, ainsi que les défauts du stratège, causeront sa perte. Si il applique toujours les mêmes règles sans penser aux circonstances particulières des évènements, il sera pris en défaut tôt ou tard.
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« Ainsi, une règle essentielle de la stratégie consiste à: Se préparer à déjouer une attaque, au lieu d’espérer qu’elle ne se produise pas. »: Le bon stratège se prépare à tout, même au pire, pour pouvoir réagir si besoin est. Espérer qu’un malheur n’arrive pas, même si ce malheur est faiblement probable, c’est jouer, et non pas être stratège.
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« Si le général est généreux, mais incapable de diriger, bienveillant, mais incapable de rétablir l’ordre, ses soldats, tels des enfants gâtés, seront inutiles. »: Un bon leader doit être à la fois souple et rigoureux, quand il le faut. Gentillesse ou compassion ne suffisent pas, et doivent être associées à une discipline de son esprit, de ses émotions, et de ses actions. Cette discipline doit se transmettre à tous ceux qui approchent le leader.

Bonjour Alexandre,
j’ai découvert l”Art de la Guerre” de Sun Tzu en 2001. Ce livre m’avait tout simplement fasciné. J’ai toujours aimé faire des liens entre la stratégie militaire et la stratégie de vente. Je suis un passionné d’Histoire (toutes catégories), et j’ai régulièrement utilisé cette approche qui a l’avantage de pouvoir “imager” concrètement des concepts, des attitudes ou des techniques de vente qui demeurent trop souvent confinés aux livres de formation.
Ce billet est remarquable par sa clarté dans l’interprétation que tu amènes. J’achète tout à 100%. La transposition de ces “préceptes” de la vieille sagesse militaire chinoise en “concept” d’attitude d’aujourd’hui est vraiment à propos!
Je vais sûrement m’en inspirer pour un de mes prochains billets et je n’hésiterai surtout pas (encore une fois) à référer mes amis et lecteurs vers ton blogue (et particulièrement ce billet) si intéressant.
Deux semaines sans billet? Ça va être long! J’espère que c’est pour prendre des vacances. Si c’est le cas, bon repos!
À bientôt
Benoît
Bonjour Benoît,
Je suis heureux que, comme moi, tu aies apprécié ce livre étonnant.
Je suis d’accord avec toi, transposer des concepts, utilisés à l’origine pour l’art militaire, dans d’autres contextes, peut s’avérer au final très instructif ! Il y a réellement beaucoup à apprendre. (A condition de le faire avec réflexion bien sûr, car “comparaison n’est pas raison”).
Cela fait un petit moment que je ne t’ai pas laissé de message sur ton blog Benoît. Je viendrai dès mon retour.
A bientôt !
Merci Alexandre,
je suis tellement d’accord au sujet des “comparaisons” APRÈS “réflexion” (j’aime particulièrement le point no.7).
Ce qui me fascine dans ce livre c’est son incroyable pertinence qui a traversé les siècles. Ce qui me dit que, lorsque l’on base ses actions sur des motivations “intérieures”, l’environnement extérieur (technologies, secteurs d’activité, culture, etc.) n’a pas d’importance!
Pour le plaisir des futurs lecteurs de l’”Art de la Guerre”, je n’ai jamais pu oublié la “démonstration” que Sun Tzu donne au Roi sur l’autorité du Général sur les troupes….(en prenant comme autorité pour diriger les deux femmes “préférées” du Roi.) Démonstration quelque peu, disons… drastique! (mais hors propos!)
Ah oui. J’oubliais!
… et tu es bienvenu pour revenir commenter sur mon blogue. Tu amènes une dimension très intéressante (et pertinente) à chaque fois que tu interviens!
Bon voyage!
Benoît